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Luc Fayard, Dictionnaire impertinent des branchés, Editions First, 2002
«
Garde-côte : ne pas employer au pluriel en parlant des seins d'une femme. » Flaubert, Dictionnaire
des idées reçues.
«
Tout a été dit. Sans doute… Si les mots n'avaient changé de sens; et les sens,
de mots. » Jean Paulhan.
« Si vous m'avez bien compris, c'est que je me
suis mal exprimé. »
Attribué à Alan Greenspan, patron de la
Fed, la Banque Fédérale Centrale des Etats-Unis.
Malgré
tout, les mots continuent d'être l'un des plus grands miracles de la nature
humaine. Ils peuvent tout dire, tout exprimer, tout et son contraire et souvent
les deux en même temps. Hélas, la société de l'information ayant sacralisé le
comportement zapping - shopping, les mots ont été peu à peu kidnappés par la
technologie, l'économie, la politique, la publicité, le marketing...Mots purs,
mots riches, mots complexes, les voici transformés en messages monothéistes,
relayés sans filtres par les médias. L'art de la communication -le fait de
parler pour ne rien dire, parce que si on avait vraiment quelque chose à dire,
on n'aurait pas besoin d'en faire un art - est devenu une arme redoutable.
Surtout quand il se nimbe de l’aura attrayante du jargon spécialisé. Parti de
la technologie, le marketing viral des mots s'est diffusé dans toute la
société. Ainsi sont nées, entre autres, la pensée unique et le politiquement
correct, les solutions qui remplacent les produits, la globalisation
qui masque l'absence d'idées. Alors, stop ! Pitié pour les mots !
Décortiquons, décodons, décryptons ! Mieux : rions ! Cette diverticulose du
langage une fois disséquée, un bon moyen de lutter contre elle est peut-être de
savoir s'en moquer. Tel est le but de ce modeste opuscule, rédigé par un usager
passionné et critique des nouvelles techniques de l'information, qui est resté
un amoureux des mots. Malgré tout.
Les
deux chiffres symboles du monde moderne, binaire, gouverné par l'ordinateur.
Tout commence avec l'électricité, rappelez-vous : 0, le courant ne passe pas ;
1, le courant passe. Au-delà, c'est trop compliqué. Ce monde caricatural nous
propose le choix entre deux solutions seulement, exclusives l'une de l'autre.
Le courant n'a pas le droit de passer « plus ou moins » : il est ou il n'est
pas. C'est le règne de l'alternative, de l'exclusion. L'univers digital est
définitivement dichotomique. Ainsi, on est yin ou yang, jeune ou vieux, Mac
ou PC,
de gauche ou de droite, homme ou femme, 0 ou 1. Tant pis pour les
hermaphrodites, les artistes, pour tous ceux qui doutent, tant pis pour les
adeptes du non-dit, tant pis pour toutes les aubes et tous les crépuscules.
Plus de compromis, on est devant ou derrière la caméra, émetteur ou récepteur
de messages, on ne peut plus être ailleurs.
Ces
deux digits (à la fois chiffre et doigt) qui nous
gouvernent sont d'affreux tyrans : avec les chiffres, ils nous disent que tout
est mesurable, même l'amour ; avec les doigts,
ils nous obligent à taper sur des
claviers pour communiquer, c'est-à-dire pour exister. Le langage numérique
est d'une extraordinaire simplicité et d'une formidable perversité.
Par
extension :
La « binarisation » du monde devient une sorte de jeu de société, dans lequel
toute information lisible au départ doit obligatoirement se traduire en
informatique par une suite incompréhensible de 0 et de 1. Dans ce monde
bizarre, il n’y a que deux sortes de joueurs : les « Fabricants» qui
gagnent à tous les coups parce qu'ils peuvent changer à volonté leurs
combinaisons de 0 et de 1 et les « Utilisateurs » qui sont obligés de
payer pour deviner ce qui se passe à chaque distribution des cartes. S'ils ne
trouvent pas la solution, ils piochent dans la case Consultant en
doublant leur mise mais le résultat est rarement probant. La case chance
s'appelle Analyste et, là,
heureusement, on rigole beaucoup quand on lit les cartes. En dernier recours,
l'utilisateur peut essayer la case Mode d'emploi : chaque carte explique le
fonctionnement théorique d'une combinaison particulière de 0 et de 1, qui n'a
évidemment rien à voir avec la réalité qu'on a pu observer.
Se
prononce « neuf-trois » pour insister sur l'appartenance à une
communauté départementale et ethnologique (voir Jeunes des
quartiers) ; s'utilise exclusivement dans le dialogue suivant : «T'es
d'où, toi ? - Du neuf-trois ! ». N'a
rien à voir avec 69, même si on n’a jamais prouvé que les Lyonnais étaient
particulièrement doués dans ce domaine. Dans les Yvelines (78), où il existe
pourtant des communautés semblables, on ne doit pas dire « sept-huit »
sous peine de ridicule. Pourquoi ? On ne sait pas, c'est comme çà. Cette
attirance des jeunes pour les chiffres est un signe plutôt encourageant dans la
perspective de ce monde technologique auquel nous devons les former.
La
règle 3 A (Actionnaire-Actionnaire-Actionnaire)
dirige désormais la stratégie des entreprises
cotées en bourse qui, d’ailleurs, ne l'ont plus tellement, la cote, vu le yoyo
des indices boursiers. Elle a remplacé la règle A2C
(Actionnaire-Client-Collaborateur) qui sévissait dans les années
préhistoriques, celles qui ont précédé l’e-krack, où chacun
trouvait sa place dans une ambiance travailleuse, harmonieuse et détendue (bon,
d'accord, c'était pas aussi idyllique !...). Il paraît qu’à l’époque, les
dirigeants d’entreprises décidaient vraiment entre eux de leur stratégie, en se
préoccupant d’abord des intérêts de l’entreprise et en essayant de faire
adhérer leurs collaborateurs à ces projets. Incroyable, non !
Désormais,
c'est beaucoup plus simple, l'actionnaire est l'objectif unique à satisfaire et
ce but sera atteint grâce à un outil (le client) et une ressource (le
collaborateur) :
Allez-y,
prononcez-le : AAA ! Cela sonne comme le soupir de la mort d'un mythe : celui
de l'entreprise, corps social créé par des hommes pour des hommes. On aurait dû
se méfier quand ils ont remplacé la « gestion du personnel », par la « direction des ressources humaines
».
En
langage juridique une personne morale, c’est une organisation, une entreprise.
Comme si une entreprise se préoccupait de la moralité! Car le gros actionnaire
est par définition une personne morale amorale, affectée d'un trouble oculaire
spécifique: dans des comptes financiers, elle ne peut lire que la ligne du bas,
celle du résultat ; cette ligne s'appelle en anglais bottom line, littéralement
la ligne du derrière ; expression
qu'on aurait envie de traduire - mais ce ne serait pas correct - par: « Des
profits ? mon cul ! ».
Parce
que les bénéfices, dès qu'on vend l’entreprise, ils ne sont plus pour vous,
mais pour le propriétaire. Le collaborateur, lui, ne peut que pleurer ses
stocks-options qui ne valent plus un radis, depuis que la bourse en a décidé
ainsi.
Le
nouveau slogan des fusions-acquisitions-restructurations (fusacs
en abrégé), c'est : « Tout pour un (l'actionnaire) ; rien pour tous (les
salariés) ». Le vrai actionnaire, celui qui dirige les fusacs du monde
entier à partir des fonds de pension anglo-saxons,
n'est donc pas une personne physique, c'est une entité abstraite dont la seule
représentation connue à ce jour semble être une machine à calculer qui ne
compte que dans un sens : celui du plus.
Quand
il vend, c'est forcément au plus offrant, à qui il vante la qualité de ses
personnels et de son encadrement. Voici donc le nouvel axiome de l’économie
financière : plus les cadres et les managers
sont mis en avant, plus le chèque risque d'être gros… mais pas pour eux.
Ainsi,
quand ils ont changé de propriétaire sans avoir pu donner leur avis ni toucher
un kopek, les cadres et ces employés s’adonnent avec persévérance aux 35
heures.
Entreprise
née en 19XX de toutes pièces sur internet qui croyait pouvoir
vendre en ligne deux fois plus de livres que les libraires classiques, sans
avoir de stocks à gérer. Erreur ! Les libraires se sont défendus, Amazon a
quand même été obligée d'ouvrir des entrepôts et du coup, ses perspectives de
marges ont fondu. C'est pourquoi l'expression « se faire amazoner » qui signifiait au
départ « se faire doubler sur internet » a finalement pris le sens de «
se faire pigeonner par internet. »
Amazon
est régulièrement la cible des humoristes, comme dans ce dessin sur le web
où l'on voit Jeff Bezos, le patron américain, et ses deux proches
collaborateurs, tous les trois riant jaune à pleine dents (Jeff Bezos est
réputé s’esclaffer bruyamment tout le temps, ce qui lui évite d’avoir à
réfléchir) ; dans une bulle, le premier pense « Si j'arrête de rire, les
banques me lâchent » et, dans une autre bulle, les deux autres se disent : «
Si on arrête de rire, il nous vire ».
Agiter
avant de s'en servir. Ou bien : Démarrer-Arrêter-Démarrer-Arrêter…
Comme Windows. Dans le temps, on
parlait de l'amour de son métier. Aujourd'hui, quand on parle d'amour dans le
métier, il ne peut s'agir que de harcèlement sexuel.
Psychothérapie : un vieux
professionnel qui écoute en privé et qui sait ce qu'il ne veut pas dire.
Finances
: un
jeune amateur qui parle en public de ce qu'il ne sait pas et qui se trompe tout
le temps. Dans cette dernière acception, le mot pourrait être une contraction
de anal et de kyste , vulgairement traduisible par « trou du cul », plus quelques
épithètes empruntées au vocabulaire médical (version salle de garde).
Commentaire
: les
virevoltes de la net économie et le yoyo
boursier des valeurs high tech ont fait beaucoup
de tort aux analystes, hier portés aux nues, aujourd'hui voués aux gémonies.
S'ils avaient vus juste, ils seraient milliardaires et feraient la Une de
Paris-Match. Mais les analystes ont un vrai problème, ils sont myopes : «
Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt. » dit le proverbe
chinois.
Il est pourtant tentant de prédire l’avenir boursier des entreprises sur la
base de quelques calculs mathématiques tellement compliqués que personne ne les
comprend et d’informations parcellaires, piochées ici et là, soigneusement
amalgamées pour en faire une tendance. Un analyste qui parle doctement d’une
entreprise ne la connaît pas, n’a jamais visité ses usines et n’a jamais
réellement discuté avec ses dirigeants. Sinon il pourrait se laisser
influencer. C’est un peu comme ces profs d’architecture aux Beaux-Arts qui se
vantent devant leurs étudiants de n’avoir jamais construit une maison.
Créé
en avril 2000, ce personnage a été labellisé par le livre Guiness des Records comme
la première présentatrice de journal
virtuelle. On peut donc la regarder sur un site web ânonner des dépêches
d’agence : on ne voit que sa tête
et on imagine le reste. On se dit qu’elle a tout d’une grande (femme sexy),
tous les hommes ont envie de coucher avec elle, mais ce n’est pas possible, on
peut juste la regarder et gémir de frustration. Ananova dit autant de choses
idiotes que les vraies présentatrices mais elle, au moins, elle n’a pas l’air
d’y croire vraiment.
Symbole
d'internet : on ne sait pas ce
que ce caractère veut dire ni d'où il vient ni à quoi il sert vraiment mais
tout le monde en parle et l'utilise. Attntion, quand vous épelez l'adresse de
votre e-mail, ne dites pas arobase
mais at, à l'anglaise. Les anglais non plus ne savent pas pourquoi ils
disent çà, mais ils le font avec tellement d'arrogance !
Dernier
espoir des moralistes ; dans les salons, il y a toujours quelqu’un pour dire : «
Au 21e siècle, l'art remplacera la religion» et
les gens opinent alors gravement sans comprendre. Dans une variante
contemporaine, art est remplacé par internet mais ça
n'a pas pris parce que le net, ce n'est pas l'opium du peuple, c'est tout juste
un bonbon qui n’a plus de goût.
Dans
le sens commun, désavoué par l'académie, avoir des avatars, c'est avoir des
ennuis, des avanies. Dans l'univers du jeu en réseau et des
communautés sur internet, un avatar, c'est
un clone virtuel du joueur ou de l'internaute,
un pseudonyme derrière lequel il se cache et qui a une forme bien visible sur
les écrans. Ce qui n'est au départ qu'un jeu prend une consonance bien plus
mystique quand on sait qu'avatar vient de l'hindou ou il symbolise les
différentes incarnations humaines que peut revêtir Vishnou ! Méfiez-vous de vos
avatars, ils vous apporteront peut-être des ennuis ! Le summum de l'avatar peut
conduire à la schizophrénie, par exemple un homme politique qui se prendrait
pour sa marionnette des Guignols ou encore un monde virtuel qui se croirait un
monde réel, scénario bien connu des films cultes de science-fiction et des
partis politiques.
Sombre, incertain,
complexe mais aussi ouvert, flexible, changeant… Comme l’économie et comme les
technologies. Pierre Dac avait raison : « La prévision est difficile,
surtout quand elle concerne l’avenir. »
Non,
ce n'est pas un groupe de badauds! Au départ, la bande passante, c'est très
technique, ça se calcule en mega ou gigaherz, c'est une unité pour mesurer les
fréquences disponibles en communication. Plus la bande est large, plus vous
êtes saturé d’infos. Aujourd'hui, le terme s'est étendu et désigne plutôt la
capacité à supporter ce fameux haut débit dont personne
n'a vraiment besoin, à part les opérateurs télécoms pour se refaire une santé,
après leur flop dans le Wap et l’UMTS.
Si
vous voulez paraître branché, dites plutôt : « Dis donc, ta sono (ta moto,
etc.), elle a une méga bande passante ! » .
Quand
un homme dit à une femme (ou inversement) « Toi, t'es une vraie bande
passante », cela peut être interprété de plusieurs manières… A manier donc
avec précaution.
Ainsi
a-t-on qualifié, pendant un certain temps, les créateurs de start
up internet qui
débarquaient sur des marchés encombrés en voulant tout casser et en ne
respectant aucune règle : pas question, par exemple, d'attendre les profits
pour aller en bourse. L'objectif prioritaire du créateur était de faire parler
de lui et de récupérer un maximum d'abonnés à son site web, par tous les
moyens. Ensuite, le cours grimpait dans des proportions vertigineuses et il
revendait ses parts en ayant décuplé sa mise, pour prendre sa retraite à 30
ans. Hélas, « les faits sont têtus » nous avait prévenus Lénine et tout
ne s'est pas passé exactement comme prévu. Mais c'est la faute aux financiers,
bien sûr.
Le
barbare se reconnaissait dans les salons d’affaires par une figure mal rasée
d'où émergeaient des yeux brûlant d'une incroyable insolence, un peu comme ceux
des consultants.
Quand
les cours boursiers se sont inversés, il a rasé sa barbe et il s'est mis à
faire les yeux doux mais plus personne ne le regardait.
Antonyme
: mutant.
C'est le cadre d'entreprise traditionnelle qui, piqué par le virus du web, se
prend tout d'un coup pour un entrepreneur internet. Il arrache sa cravate,
chausse des Reebok et, l'œil allumé, se met à parler avec des mots bizarres: «Boys
! On va flamber 100 briques dans l'année pour affilier notre portail B2B».
Ensuite, soit il devient patron de l'activité e-business de sa
boîte et il est viré quelques mois après, soit il est viré tout de suite.
Modèle
d'affaires consistant à vendre par correspondance électronique, au bout d'une
heure de connexion, et en livrant sans respecter les délais, des produits non
conformes à la demande, alors que l'on peut acheter en cinq minutes au même
prix les produits appropriés au magasin du coin. Difficile à mettre en œuvre,
ce modèle a bien marché au départ mais les financiers ont arrêté d'y croire le
jour où leur femme leur a demandé de faire les courses sur internet.
Prononcez
bite-ou-scie. Rien à voir avec un boys band. En anglais, abréviation de
: business to consumer, c'est-à-dire directement du producteur au
consommateur, mais via internet pour compliquer les
choses. Sinon, ce serait trop facile.
Antonyme : B2B, prononcez bite-ou-bi
, qu’on pourrait traduire en français par : la bourse ou la vie. Car le
B2B, c'est le business entre professionnels sur internet, le seul qui marche
parce que les petits rigolos n'y sont pas admis et que le ticket d'entrée y est
très élevé. Un peu comme la roulette au casino.
Dans
un autre domaine, le B2C et le B2B sont des figures compliquées du kamasoutra,
réservées à des contorsionnistes.
Un
mot ultra-technique pour paraître branché sans effort. Permet de gagner tout de
suite l’estime de ses proches. Se prononce d'une traite : biosse. Si on
vous dit que cela signifie Basic Input Ouput System, cela ne vous
servira guère dans les salons. Rien à voir en tout cas avec le sexe qui peut
être assimilé à un système d'entrée-sortie mais qui n'est pas basique. Par
contre, si vous pouvez caser dans une conversation: « T'as touché au set-up (prononcez
sept-heuppe) de ton Bios pour changer les I-R-Q de tes périph ? »,
soit on vous répond et là, prétextez un malaise, soit on vous regarde bouche
bée comme si vous étiez un petit génie et vous pouvez commencer à signer des
autographes et même, éventuellement, à écrire un livre sur la technologie.
Sans e et pas d’amarrage, abréviation de binary digit, bidule binaire qui stocke l’information quelque part dans l’ordinateur, en général vous ne savez jamais où et à condition qu’on n’oublie pas de l’allumer.
Bit, c’est aussi un vieux mot anglais, qui veut dire un petit bout de machin (just a little bit) ou encore le mors dans la bouche du cheval. Quand votre ordinateur prend le mors aux dents et qu’il vous raconte n’importe quoi en hennissant, c’est qu’il a avalé ses bits de travers.
L’avantage du bit informatique par rapport à ses homophones, c’est qu’il n’a que deux valeurs : 0 ou 1. Contrairement au côté échangiste de la bite d’amarrage qui peut servir à plein de bateaux différents. Et contrairement à l’autre qui, apparemment et c’est un peu agaçant, aurait des proportions extrêmement variables selon les individus et les situations. C’est la vieille histoire des deux hommes qui soulagent leur vessie au-dessus de la margelle d’un pont de rivière: le premier dit « Le fonds de l’air est frais. » Le deuxième répond : « Le fond de l’eau aussi. »
Abréviation
de « bourgeois-bohémiens » ; tentative sociologique de la fin du 20e
siècle, intéressante mais maladroite, et qui s'est finalement soldée par un
échec, visant à définir une classe de gens que c'est-pas-parce-qu'on-
gagne-plein-de-pognon-qu'on-a-pas-aussi-envie-de-s'éclater-de-
temps-en-temps.
En fait, la réalité est plus cruelle : soit on se marre, soit on travaille. Le
concept a donc disparu aussi vite qu'il est né.
Dans
l'histoire des grandes classifications sociétales, les bobos auraient
pourtant bien aimé remplacer feu les yupies (young urban professionnal,
les jeunes citadins qui bossent), ainsi qu’on appelait dans les années 90 ces
travailleurs branchés, riches, intelligents mais l'œil trop brillant à cause
d'un abus de cocaïne, une drogue devenue politiquement
incorrecte, ce qui les a rapidement fait disparaître du paysage
médiatique.
Vient
de l'anglais bug, punaise et par extension bestiole nuisible, comme celle qui, en se faisant griller
par les circuits électriques, provoqua la première panne du premier gros
ordinateur. C'était en l'an 28 av MC (Microsoft).
En
fait, ce serait plutôt une araignée que les programmeurs ont dans le ciboulot,
vu le nombre d'erreurs qu'ils font quand ils écrivent leurs logiciels.
Un
bug, c'est un défaut d'un programme informatique qui
fait qu'il ne fonctionne pas comme il devrait. Ca, c'est la définition
officielle et elle fait marrer tout le monde parce que personne n'a jamais vu
un programme marcher « comme il devrait ». Il a plutôt tendance à
fonctionner comme il l'entend.
Le
bug c'est un peu la « fôte d'ortografe » du programmeur mais la différence
c'est qu'une erreur d'écriture n'a jamais empêcher de continuer à écrire.
Tandis que le bug, lui, il bloque tout. Quand c'est buggé (bogué), çà ne marche
plus où çà donne des résultats hilarants.
Prononcez
: beugue, avec un air dégoûté. En français : bogue, comme
l’enveloppe piquante de la châtaigne. Un bug, çà pique et çà file une
châtaigne. De toutes façons, quelle que soit la langue, quand vous le dites, ça
vous dessine la bouche en cul de poule. Essayez devant la glace, vous verrez,
vous ressemblerez à un poisson qui fait des bulles. Alors, évitez.
Par
extension
: s'applique aussi à une panne de tout type de matériel.
Commentaire
:
L'informatique, c'est comme le gruyère : plus il y a de programmes, plus il y a
d'erreurs et plus il y a d'erreurs, moins il y a de programmes (sous-entendu :
qui marchent). Il semble qu'il soit scientifiquement impossible de fabriquer le
moindre bidule informatique sans qu'il soit automatiquement bourré
d’imperfections en tout genre.
En
fait, c’est plus simple : le bug est le fondement de l'industrie
informatique. Celle-ci se donne comme objectif de créer à bas prix des
logiciels et des matériels pleins d'erreurs qu'il faut ensuite réparer en
appelant le service après-vente qui, lui, est une activité extrêmement
rentable. C’est exactement le même principe que dans la machine à laver :
le seul qui gagne de l’argent, c’est le plombier. C’est pourquoi vous devez
conseiller à vos enfants de faire, au choix, dépanneur de machines à laver ou
de machines informatiques. Voir SSII.
Attention :
« T’es buggé ou quoi ? » est une expression extrêmement
péjorative si elle vise à qualifier les performances amoureuses de quelqu'un.
Plus
grand succès médiatique du 20e siècle (celui du 21e étant
Loft Story). L'industrie informatique a réussi à
faire croire à des millions de gens que tous les ordinateurs allaient se
planter à la fin de 1999 parce qu'elle pensait qu’on changeait de siècle. En
fait, elle s'était gourée d'un an. Finalement, on a quand même changé de
siècle, il ne s'est rien passé et Bill Gates (le patron de Microsoft)
est toujours très riche. Car pendant ce temps, les entreprises et les
particuliers ont dépensé beaucoup d’argent pour éviter le fameux bug, qui a
refusé de se produire, tellement il avait peur de toutes les parades qu’on lui
avait préparées.
Ange du business. Ainsi nomme-t-on les entrepreneurs qui, ayant réussi à gagner un peu d’argent dans leurs affaires d’origine, se disent qu’ils peuvent en gagner beaucoup plus en investissant dans les affaires des autres et se mettent des ailes dans le dos pour inspirer confiance. En fait, à partir du moment où ils se transforment en banquiers, ils deviennent aussi insupportables qu’eux. Rien à voir avec les Hell’s Angels qui ne sont pas des anges non plus mais eux au moins, ils ont de belles motos.
S’il
est jeune, il est ingérable à cause des 35 heures. S’il est quadra-quinqua, il
est en crise depuis 30 ans : il ne s’est jamais vraiment remis des années
1968 and co, où il a pris en pleine poire le « peace, love and
flowers » des baba-cools quand lui
vivait au rythme « métro-boulot-dodo ». Depuis, il se traîne. Le
cadre masculin est plus frappé que le cadre féminin par cette sorte de
dépression parce qu’elle s’inscrit dans une vaste remise en cause. Il ne se
sent plus vraiment jeune, pas tout à fait vieux, il a des enfants qui ont
grandi et qui le secouent comme un Orangina, des parents qui ont vieilli et qui
le harcèlent. Il jette un regard nostalgique sur les jeunes femmes de 20 à 30
ans qui passent autour de lui, hiératiques dans leur incroyable féminité. Il tourne
en rond avec ses amis parce qu’ils se sont tout dit. Au boulot, il se fait
talonner par les cyber-jeunes dont les dents de loup sont des clics de souris.
Son âme a perdu la naïveté de l’enfance, ses muscles se sont amolli. Son sexe
ne demanderait qu’à lui prouver le contraire mais les occasions manquent et il
n’a pas le courage de les provoquer. Que lui reste-t-il ? Une espèce
d’intuition qu’il comprend un peu mieux les choses qu’avant, une certaine
prétention à pouvoir agir un peu plus sur son environnement. Ce monde, il le
regarde pourtant avec étonnement et se demande : « C’est çà, vraiment, que j’ai
bâti pour mes enfants ? Ce désordre insensé, cette confusion des idées, ce
royaume de l’amalgame, cet oubli du passé… ? » Alors, peu à peu, il tente un rétablissement:
celui de la sérénité molle, seule philosophie capable de le faire vivre à peu
près sain d’esprit dans le troisième millénaire. Bref, les vieux cadres sont
mous et les jeunes sont imprévisibles.
Plante dicotylédone apétale cousine du houblon, dont le
principe psychoactif bien connu s’appelle le delta-9-tétrahydrocannabinol
(delta-9-THC), découvert en 1964 par l'israélien Raphaël Méchoulam.
Tous les jeunes fument du cannabis. Mais personne n’en
parle, parce que c’est une substance illicite. On peut donc s’en procurer très
facilement à la sortie des collèges et de lycées, rendez-vous préférés des
dealers. Si votre enfant vous paraît pâle et mou et qu’il se traîne comme çà
depuis plusieurs jours, c’est qu’il en fume trop ou de mauvaise qualité.
Conseillez-lui alors de changer de fournisseur.
Les moins jeunes en fument aussi, surtout quand ils
travaillent dans la pub ou dans le développement de jeu vidéo. Pour faire branché,
quelques politiques laissent entendre que, ma foi, un petit joint de temps en
temps… C’est dans ces moments-là qu’ils font dans les médias des déclarations
bizarres que leur état-major a ensuite bien du mal à expliquer au public. C’est
notamment le problème des Verts, chez qui on fume beaucoup du cannabis
écologique.
La substance psychotropique a été largement utilisée aux
belles heures de la Silicon Valley par les informaticiens en mal d’inspiration.
On prétend que c’est ainsi que naquit le Macintosh. En tout cas, le programmeur
qui, a l’époque, a inventé un des plus fameux économiseur d’écran (l’image qui
s’affiche à l’écran quand votre ordinateur se repose) devait bien en avoir
consommé un peu : il dessina des « Flying Toasters ». Oui, vous
avez bien lu, des grille-pains de toutes
les couleurs qui traversaient l’écran… en volant !
Littéralement
« cramer le pognon ».
Attitude
incompréhensible pratiquée pendant quelques mois par des créateurs de start
up et les financiers qui les soutenaient, visant à dépenser un
maximum d'argent en un minimum de temps pour promouvoir des activités qui
n'existaient pas et dont personne n'avait besoin. C’est cet appétit de monnaie
qui a permis des envolées en bourse : tout le monde a cru que plus on
avait besoin d’argent, plus on allait en gagner.
Le
cash burning aurait en fait résulté d'une consommation abusive de
produits stupéfiants, comme le B2C, importé des Etats-Unis.
L’expression étant strictement anglaise, elle
ne peut donc pas en français désigner une prostituée.
Financier
qui, depuis le krach boursier des valeurs internet, prend le
minimum de risques avec un maximum d'argent qui n'est pas à lui.
Commentaire
:
Finies les montagnes russes, le capital-risqueur a mal au cœur (à l'endroit du
portefeuille) et préfère un circuit pépère. C'est Schumacher qui se mettrait au
vélo. Hier excité comme un pou, aujourd'hui peureux comme un mouton, ce petit
bras de la finance veut continuer à rafler la mise, mais seulement à coup sûr.
Le capital-risqueur moderne joue toujours à la roulette, mais uniquement sur le
bon numéro et si possible une fois qu'il est sorti. Ils ont oublié la pub du
Loto, ces consternants comptables : « 100% des gagnants ont tenté leur
chance ». Du coup, ils ont asséché le marché des start up. Ca devient dur pour ceux qui ont encore
des idées, ces naïfs qui croient que le rôle d'un entrepreneur est d'inventer :
ils n'ont rien compris, les pauvres (sic)!
Le
business plan qui plaît aux capital-risqueurs de l'après-krach, c'est celui qui
s'appuie sur une technologie éprouvée (sous-entendu aux Etats-Unis), sur un
modèle expérimenté (idem), sur une clientèle professionnelle captive (pas de
frais de promotion), sur un compte d'exploitation en béton (bénéfices la
première année, sinon rien), et qui est dirigé par des manageurs seniors
sous-payés, ayant fait carrière exclusivement dans des grands groupes, vous
savez, ceux qui privilégient l'autonomie et l'initiative. Fin de l'aventure,
fin du jeunisme, c'est comme pour
les raves parties ! On danse, mais en mesure s'il vous plaît et uniquement là
où c'est permis !
Certes,
les créateurs de dotcoms ont exagéré dans le cash-burning
et le virtuel. Mais, comme à
l'époque ils ont su convaincre pas mal de financiers, de deux choses l'une («
l'autre c'est le soleil » disait Prévert): où ils étaient spécialement
malins où les autres étaient particulièrement idiots.
En
anglais :
L'abréviation anglaise, V.C (pour venture capitalist), vient contredire le
dicton populaire selon lequel l'argent n'a pas d'odeur.
Cette
unité de mesure monétaire, tombée en désuétude, n'était plus utilisée que par
les personnes âgées et les ringards, c'est-à-dire les pubards
du loto et les politiques (à propos des voyages privés de Chirac), quand elle a
été brutalement remise à la mode par l'euro ; ainsi, une baguette vaut 64
centimes d'euro, sauf dans les pays où il n'y a pas de baguette.
Rassemblement
politique de ceux qui n'ont pas beaucoup d'idées. Ca fait de plus en plus de
monde. Comme en marketing.
Sexuellement
parlant : quelque chose comme le point G, ce truc qui existe quelque part.
Paraît-il. Il y en a qui le cherchent encore.
Mot
d'origine anglaise et on comprend pourquoi : le challenge, en amour
comme en économie, est présenté comme un objectif alors que c’est une
difficulté insurmontable pour des raisons incompréhensibles.
Voir
Défi.
Prononcez
tchatte. De l'anglais to chat, causer. Rien à voir avec le sexe
féminin ni avec l'animal de même nom, si ce n'est que, dans ces forums de
bavardage sur internet, on sort parfois ses griffes et on parle souvent sexe.
Car le niveau des discussions, alimentées par de jeunes internautes boutonneux
pré-pubères et analphabètes, est largement en dessous de la ceinture. Le chat
a son propre jargon ; par exemple si on vous écrit CUL, répondez OK sans
rougir, car ce sont les initiales en phonétique anglaise de « See-You-Later »
(à plus tard).
Citons
également en français les inénarrables: mdr pour « mort de rire » ou oqp
pour « occupé ».
Mais,
le plus drôle, ce sont les smileys ou binettes en québécois, une
suite de petits signes tapés au clavier pour exprimer un sentiment ou une
opinion. En fait, pour les comprendre, il faut tourner la tête de 90° sur la
gauche, ce qui est le moyen le plus commode pour lire un écran, et là,
effectivement, on voit apparaître une sorte de petit dessin naïf.
Faisons
un exercice : voici quatre smileys avec, en dessous, leurs définitions
dans le désordre, à vous de les rapprocher (la solution sera dans un prochain
livre).
c=:-) [:-) 8-) <|:-)
«
c'est un Chinois » ; « je mets des lunettes »; « il porte un walkman » ; «
c'est un chef cuisinier ».
Autant
d'expressions indispensables pour chatter correctement.
Alibi. Quand on ne sait pas quoi dire, on se cache
derrière une citation, voire une allusion, ce qui est nettement plus perfide.
Il est de bon ton dans les discours stratégiques du monde high
tech ou politique de citer l'apophtegme de tel ou tel auteur
classique, qu'on n'a évidemment jamais lu mais qu'on a trouvé en deux clics de
mots-clés sur citationsdumonde.com. La référence culturelle légitime
l'imperméabilité du discours. Léon-Paul Fargue disait un truc du genre : «
Utiliser une citation classique, c'est comme exhumer sa grand-mère devant sa
maîtresse »…Que le lecteur me pardonne mes travers obituaires et que toutes les
maîtresses du monde sachent qu'il y a toujours quelque chose à apprendre de
l'aïeule de leur amant.
* dans l'excellent ouvrage : « Les allusions
littéraires » de Jean-Claude Bologne, chez Larousse.
Littéralement
« du clic et du mortier » : désigne une entreprise traditionnelle du BTP
(celle qui fait du « brick and mortar ») qui tient absolument à aller
sur internet pour vendre son
béton. Et par extension tout type d'entreprise qui se met au e-business
en faisant des contorsions invraisemblables (par exemple en
modifiant toute son organisation).
En
fait, pour le client, comme il faut bien se faire livrer ce béton, c'est
souvent plus rapide de passer un coup de fil au commerçant de matériaux du coin.
Mauvaise
traduction : « au claque et mourir ».
Anciennement
: abréviation populaire de « communistes ». Aujourd'hui : raccourci pour
« consommateurs connectés » . Une expression qui aurait du théoriquement
s'abréger « concons » mais cela frisait le politiquement
incorrect, si ce n'est le kakemphaton (rencontre de deux sons qui
produit un effet désagréable ; exemple : « Je suis Romaine hélas puisque mon
époux l'est » , Corneille, Horace, première version, nous explique Claude
Gagnière*.)
Le
coco moderne dépense beaucoup plus que l’ancien et surfe sur internet,
en général sur des sites de cul où il cherche fiévreusement comment aller plus
loin sans donner son numéro de carte bleue, ce qui est extrèmement difficile
mais il paraît qu’on peut y arriver. Le coco est suréquipé (téléphone portable,
PC de poche, DVD, etc.)
et passe son temps à régler les problèmes de connexion entre ses différents
appareils.
* « Pour
tout l’or des mots », Editions Robert Laffont
Politique
:
Mutation génétique incontrôlée par laquelle deux hommes politiques opposés
tentent de parler d'une même voix, dite gauche-droite ou droite-gauche, ce qui
produit évidemment des couacs. En fait, il y en a toujours un des deux qui est
vizir et l'autre qui veut être vizir à la place du vizir. Ca vous rappelle une
bande dessinée, n'est-ce-pas ?
Les
problèmes de cohabitation occupent 100% du temps des politiques, ce qui leur
évite de se pencher sur les vrais problèmes, ceux qui intéressent les citoyens.
Technique
: En
informatique, la cohabitation ne marche soi-disant pas : on est Mac ou PC,
Windows ou Unix, miniteliste
ou internaute…On est exclusif par principe, parce qu'on ne fonctionne qu'avec
des 0 et des 1. Dans la réalité, tout ça peut très bien marcher ensemble mais
personne ne vous dit comment.
Voir
01.
Société : prélude
au PACS
Pas
d'urgence à le devenir. Mais c'est dur. Surtout quand on voit les pubs des
fabricants high tech.
Rarement
favorable depuis le début du 21e siècle. On ne fait plus de conjecture
sur l'évolution de la conjoncture à cause de la conjonctivite dont sont
affublés les analystes.
Ne
fait que se retourner, ce qui donne des torticolis à tout le monde et tout ce qui était vrai hier devient faux et
inversement.
Voir
Visibilité.
Contre-sens : réunion de cons.
Quoique…quand les gens se réunissent pour parler de l’économie…
Antonyme : croissance.
Jeune
diplômé que vous payez très cher pour qu'il vous délivre au bout de six mois
des informations que vous connaissez déjà et qui ne vous servent à rien. Cette
espèce a envahi la high tech comme des lapins
la garenne et ils y font autant de dégâts.
Plus
le problème à résoudre est lourd, plus les consultant sont jeunes et nombreux.
A partir de là, on a du mal à les distinguer les uns des autres. Y compris au
niveau du sexe car rien ne ressemble plus à un consultant homme qu’un
consultant femme : lunettes, cheveux court, costume gris. C’est une espèce
hermaphrodite, voire asexuée. La preuve, un consultant ne rougit pas (il a
toujours raison) et ne fait pas de blagues (il est interdit d’avoir le sens de
l’humour quand on se prend si au sérieux).
Quand
on les croise dans les couloirs (ce qui est rare car, la plupart du temps, ils
sont enfermés dans vos bureaux où ils consultent internet à vos frais), ils ne
disent jamais bonjour, ils sont déjà à l’autre bout du couloir (en fait, ils
allaient aux toilettes) que vous vous demandez encore comment les aborder.
Le
consultant a des yeux bleu acier insolents qui vous transpercent comme si vous
n’existiez pas. La seule fois où il vous dit au revoir, c’est pour présenter
une note salée, que vous préférez finalement lui régler pour éviter qu’il
revienne.
Il
parle un langage codé, rempli d’acronymes anglo-saxons : « Et votre R.O.I. ?
et votre Ebitda ?... »
Surtout, faites semblant de comprendre dès le départ, sinon il vous en sort
plein d’autres.
Il
ne travaille qu’avec le top management (en général, celui qui est au-dessus de
vous) et ne rencontre jamais les salariés de base. Il aurait trop peur qu’ils
lui disent la vérité, celle qu’il est censé découvrir après de longs mois
d’études.
Les
fournisseurs informatiques ont compris que ce métier était beaucoup plus
rentable que de fabriquer des matériels ou des logiciels et ils cherchent tous
à devenir des sociétés uniquement de consultants, le reste de l’activité étant
sous-traitée en Inde.
Commentaire
: En
vacances à bord de son 4x4, un jeune homme s'arrête près d'un berger et
l'interpelle : « Si je vous dis exactement combien vous avez de moutons, vous
m'en donnez un ? - D'accord, dit le
berger. ». Le jeune homme déploie son antenne parabolique, branche son GPS,
pianote sur son PC portable, calcule sur son
tableur électronique pendant une heure puis annonce triomphalement : « 547
bêtes ! - Exact, dit le berger. » Le
jeune homme choisit donc un bel animal dans le troupeau et le fait monter dans
son 4x4. Au moment où il s'apprête à partir, le berger lui dit : « Et si je
devine votre métier, vous me rendez ma bête ? - D'accord ! dit le jeune homme,
sûr de lui. - Vous êtes consultant ! dit le berger. - Ça alors, demande le
jeune homme interloqué, comment l'avez-vous deviné ? - C'est simple, dit le
berger. Vous êtes venus me voir sans que je ne vous aie rien demandé. Vous avez
mis des heures à trouver quelque chose que je savais déjà. Et, en plus, vous ne
connaissez rien à mon métier : la bête que vous avez prise, c'est mon chien ! »
Le
mot anglais est beaucoup plus direct : taxpayer, payeur d'impôts. On
France, on ne paie pas d'impôts, on contribue au bien-être général. Ce qui
explique sans doute le manque de réaction des Français sur ce sujet : s'ils
savaient qu'ils paient beaucoup d'impôts, en gros plus que partout dans le
monde, peut-être se laisseraient-ils un peu moins faire. C'est la même chose
avec les technologies de l’information : si l'utilisateur savait…
Littéraire,
c'est une mode ; exemple : le phantasme converge avec le minimalisme pour
donner des romans extraordinairement vides. Sexuelle, elle promet bien du
plaisir. En économie, elle annonce plutôt des soupirs. La convergence de deux
activités, c'est paraît-il une bonne affaire. Exemple : on va marier les
télécoms et le multimédia. Résultat : les tuyaux saturent et le contenu se
vautre. Certains grands patrons (voir J2M) se sont faits les apôtres de
la convergence, ce qui leur permet de justifier les coupes claires ou les
virages à 180° : tout ce qui n'est pas convergent est sacrifié. Gros avantage,
ils sont les seuls à pouvoir décréter ce qui est convergent ou pas et çà peut
changer d'un jour à l'autre, suivant leur humeur ou les cours de bourse, les
opinions d'un consultant ou les prévisions d'un analyste. C'est dire si les
objets de la convergence bougent souvent. De quoi en avoir mal aux yeux ! Pour
le salarié, c'est simple : quand il converge, il a des stock-options, quand il
diverge, il est vendu.
Anciennement
: petit
gâteau sucré, qu'on acceptait avec plaisir. Aujourd'hui : petit fichier
informatique drôlement salé, qu'il faut refuser avec véhémence.
Ces
fichiers espions sont placés en douce sur votre disque dur par les éditeurs des
sites internet que vous consultez. C'est ainsi que votre femme a pu vérifier
que vous surfiez sur des sites porno quand vous lui disiez que vous étiez sur
louvre.fr (Ceci dit… en cherchant bien…le côté déhanché de la Vénus de Milo…)
Néologisme
particulièrement tordu, donc d’origine anglo-saxonne. Désigne un business
complexe qui pourrait se définir comme la coopération entre compétiteurs, ce
qui est un comble. Définit en fait toute forme d'entente entre concurrents qui
se fait sur le dos d'autres concurrents, exclus du marché. Ces derniers sont
appelés les cocus-du-deal.
Exemples
:
traité de Yalta, pot belge, marchés publics, etc ; ou bien, en
informatique : Compaq travaille avec Digital puis le rachète pour concurrencer
Hewlett-Packard ; puis Hewlett-Packard travaille avec Compaq et le rachète,
etc.
Commentaire
: en art
de la guerre comme dans celui de l'économie, la coopétition précède souvent
l'intégration. Si je ne peux pas tuer tout de suite mon ennemi (concurrent),
alors je vais d'abord m'entendre avec lui et, ensuite, à la première occasion,
je l’étoufferai (rachèterai). Si Intel ou Microsoft veulent faire
de la coopétition avec vous, c'est pour mieux vous manger mon enfant !
Quand
une start up , surtout dans les
nouvelles technologies, accumule les pertes par des investissements somptuaires
et un chiffre d'affaires inexistant, quand elle attire plein d’internautes sur
son site web parce qu’il flashe dans tous
les sens, quand elle fait beaucoup parler d'elle et de son nouveau marché (par
exemple : le conseil boursier fondé sur l'astrologie), alors elle crée de la
valeur. Quel est le contenu exact de cette valeur? On ne sait pas mais c'est
pas grave. La création de valeur fut sans doute l'expression la plus
usitée pendant toute la période du mirage de l'économie internet et son symbole
le plus représentatif : elle ne voulait rien dire mais tout le monde en
parlait. Aujourd'hui, n'employez pas ce mot à tort et à travers car il vous
fera du tort et on vous regardera de travers.
L'économie
moderne est binaire. En-dehors des périodes de grandes catastrophes (guerre du
Golfe, MonicaGate, 11 septembre, etc.), elle ne connaît que deux états : la
croissance ou la crise. On lui prédit le boom ou la catastrophe. Dès que ça va
moins bien, çà va forcément mal. Résultat : elle passe sans transition du
miracle à la panique, alimentée par tous ceux qui ont tellement peur que la crise
arrive qu'elle finit par exister, par anticipation.
Commentaire
: Mais
qu'ils sont frileux, ces cassandres* ! Un petit nuage à l'horizon et hop, les
voilà qui rangent leurs billes, comme des gamins sur la plage qui, à la
première goutte, partiraient s'abriter en courant. Résultat : no logo, no pub,
no fric nulle part ! On n'a plus le droit d'avoir envie de quoi que ce soit.
Circulez ! Fini de rêver, interdit de créer, plus rien à acheter. Ce qu'ils
nous suggèrent, ces pauvres hères, c'est qu'on reste chez soi, terré sur son
bas de laine, en évitant de respirer trop fort, des fois que çà se remarque.
Pourtant, je ne sais pas si vous vous balladez, moi si, et partout où je vais,
c'est bizarre, je ne suis jamais seul : il y a plein de marchands qui marchandent
et de touristes qui touristent. Crise ou pas, çà troque à tout va, les gens se
ruent sur les soldes, préparent les vacances ou la rentrée, bichonnent leur
voiture. Alors, c'est quoi ce malaise vagal, ce catastrophisme viral qui veut
nous faire croire que tout va mal parce que la bourse est fada, les analystes
clonés et AOM en mal de liberté ? Il faudrait leur dire, aux pythies
grelottantes, que l'économie n'est pas le TGV Méditerranée : s'il y a des
hoquets ici et là, tout le monde n'est pas malade pour autant! Hélas, plus le
business est high tech, plus les
cassandres font « aie ma tête ! » Pourtant, internet ne vas pas fermer et les
gens, les entreprises vont encore avoir besoin d'ordinateurs et de réseaux, de
logiciels et de services. J'ai une idée : les entrepreneurs qui bougent
devraient faire de la pub pour dire aux couards de croire davantage en eux ! Je
verrai bien une affiche du genre : « Pendant que vous pleurez, nous on crée ! »
Ou encore : « Les fripons frissonnent, les marchands marchent »… Bon,
rassures-toi, maman, je crois que je ne ferai pas carrière dans la pub, je
reste pianiste dans un bordel.
*
catégorie regroupant en période de crise certains industriels, investisseurs,
analystes, pubeux et communicateurs peureux, que je ne nommerai pas, pour
éviter les procès.
Préfixe
désuet de tout ce qui, lié à internet, en fut comme doté d'une existence propre
: cyberculture, cybercafé, cybersexe… Si on s'était rappelé que cyber vient de cybernétique,
un mot d'origine grecque qui renvoie à la science du gouvernement des hommes,
peut-être se serait-on gardé de toutes ces fausses nouveautés. Le cyber ayant
beaucoup berné, devenons circonspect.
Dans
le business : méfiez-vous
de ce mot! Si un patron vous dit «
Nous continuons à faire face à de nombreux défis», traduisez « On perd des ventes et on ne sait pas
pourquoi ». Le défi précède de peu la réorganisation.
Analogie
militaire
: Aux défis d'avant-garde, succèdent les bataillons de synergies.
Sous-entendu, quand on s'est planté devant, faut envoyer la troupe se faire
massacrer.
Nom
à hurler de rire du fameux bouton de Windows sur lequel il faut cliquer pour éteindre son
ordinateur. Un truc pareil, fallait l'inventer ! Rappelons le mode
d’emploi : la succession des propositions qui s'affichent à l'écran est la
suivante : Démarrer-Arrêter-Redémarrer ou Arrêter-OK
Plus
généralement, symbole de l'ambiguïté du monde digital, ou tout est à refaire
continuellement. Bill Gates adolescent aurait été très marqué par Picasso qui
disait: « Toute création est d'abord destruction ». Il croyait que
Picasso était programmeur. Depuis, il rachète toutes ses toiles pour essayer
d'y trouver le code secret d'un nouveau langage. Chut ! Ne lui dites pas que ce
dialecte mystérieux, c'est celui de la peinture ! Expliquer la peinture à Bill
Gates, c'est comme apprendre à un éléphant à biner des patates : d'abord, il
aurait du mal avec ses grosses pattes et, surtout, il n'en verrait pas
l'utilité.
On
savait déjà qu'elle avait des hoquets dramatiques aux portes de la
surpopulation. On sait désormais qu'elle piétine aussi devant la
surmédiatisation. N'importe quelle cause en effet peut aujourd'hui rassembler
n'importe où suffisamment de monde pour qu'on en parle dans les médias. Elle
devient alors une tendance, voire un modèle, un paradigme, qui
doit s'imposer rapidement à tous. Peu importe la justesse de la cause ou sa
réelle représentativité, ce qui compte c'est la présence des médias au moment
du rassemblement. Ainsi en est-il de la crise internet ou des PC mais aussi des
chasseurs de palombes, des anti-mondialisation, des écologistes, des gay pride,
des rave parties…
Ainsi
en fut-il des First Tuesday, ces grands cocktails d'affaires qui réunissaient
tous les premiers mardi de chaque mois les créateurs de start up, les capital-risqueurs…
et les journalistes. On a cru
que ces rendez-vous où l'on discutait levée de fonds autour
d'un verre de champagne symbolisaient une nouvelle forme de business, à
laquelle toutes les entreprises devraient sacrifier. Finalement, on s'est rendu
compte que pour discuter sérieusement, une salle de réunion avec une longue
table et des bouteilles d'eau minérale faisait aussi bien l'affaire, surtout si
les journalistes n'y étaient pas invités.
Dans
l'entreprise, la démocratie s'arrête également aux portes du président. Les
livres vantent le management collaboratif, le travail en groupe de projets,
l'intéressement des salariés au développement de l'entreprise, l'encouragement
de toute initiative venant de la base ; dans la réalité, l'entreprise française
est toujours dirigée par un patron de droit divin qui décide tout seul dans son
coin en ayant fait semblant d’écouter ses collaborateurs. C'est un truc qui
étonne beaucoup les anglo-saxons qui sont habitués à ce que chaque réunion de
travail démarre par un ordre du jour et se conclue par une décision. Ils sont
bizarres, ces Anglais !
Toujours
dépassé. Comme les délais.
Dehydroepiandrosterone
Médical
:
Hormone de croissance du démon de midi.
Informatique
: La
DHEA de l'ordinateur s'appelle Intel, qui nous pousse à
changer de PC sans arrêt, en faisant des pubs à la télé.
Société : le
principe de la DHEA s’applique bien à toutes formes de désirs humains ; on
en veut toujours plus par principe, sans savoir ce qu’on en fera vraiment.
De
digital en anglais : numérique. Ce mot n'existe pas vraiment
ailleurs qu'en musique (où il exprime une certaine façon d'utiliser ses doigts,
sans connotation sexuelle) mais il est appelé à un grand avenir : la
digitalité, c'est le monde numérique avec tous ses paradoxes, ses avancées et
ses confusions, c'est la société régie par l'ordinateur et qui oublie parfois
de penser avant d'agir. « Tant de mains pour changer le monde et si peu de regards
pour le contempler » disait Julien Green.
Aujourd'hui
:
symbole de la concision anglo-saxonne dans le néologisme. Un point, c'est tout.
Hier
:
emblème des start up internet.
En
anglais, dot c'est le point et com c'est l'abrégé de commercial.
Les dotcom sont donc des start up qui se sont créées
en rajoutant .com à leur nom de société pour les transformer en adresses
électroniques de site web et pour montrer qu'elles allaient tout casser sur
internet. Elles n'ont rien cassé du tout, à part leurs beaux jouets et leurs
rêves de milliardaires. La dotcom est désormais à ranger au rayon des
antiquités de la digitalité.
A
opposer à : dotcorp, comme Corporation, grande entreprise en
anglais. Quand les grands groupes se sont mis, même du bout des doigts, à faire
du business sur internet, les start up ont fait kaï kaï kaï. C'est comme au
judo, les petits japonais ont été les meilleurs pendant des années jusqu'à ce
que les gros européens s'y mettent.
Voir
Gauche-Droite.
La lettre la plus célèbre de la net économie : e,
comme « electronic » en anglais et qui se prononce « i », à
l’anglaise, comme internet. En écrivant en 1989 « La
Disparition », roman de 300 pages sans la moindre lettre « e »,
Georges Pérec ne se doutait sans doute pas qu’elle prendrait sa revanche
quelques années plus tard ! Le lipogramme (œuvre où l’on fait disparaître
une lettre) a conduit au tautogramme (œuvre où l’on répète au maximum la même
lettre). Tout fut donc « e » comme internet pendant quelque
temps : le business, la culture, la musique, la banque, l’entreprise…Ce
fut la fête à l’e. En fait de fête, ces œufs n’étaient pas frais. On se méfie
de cette lettre aujourd’hui. Mais elle n’a sans doute pas dit son dernier mot.
Déjà, il y en a 110 dans ce paragraphe !
Prononcez
i-bizness. Toute forme de commerce électronique passant obligatoirement par internet ; en télématique,
le minitel rose est plutôt du commerce où l’on nique.
Une
entreprise qui se met au e-business change toute son informatique et commence
par perdre beaucoup d'argent sans gagner des ventes, ce qui énerve ses cadres
de cinquante ans. Ils se demandent pourquoi elle fait çà. Peut-être parce
qu'elle est dirigée par des plus jeunes. Dans l’entreprise, le
poste de directeur e-business est un super siège éjectable, c'est presque pire
que directeur de la communication. Ne souhaitez pas une telle promotion même à
votre pire ennemi, par exemple le jeune HEC qui vient de rentrer au marketing
et qui prononce des mots bizarres comme portail d’entreprise et marketing
one to one.
Prononcez
y-craque. Débâcle boursière des valeurs internet au début du 21e
siècle. Petit épisode historique qui a fait couler beaucoup d'encre et quelques
sociétés. Mais l’économie en a vu bien d’autres.
Courrier
électronique, mais pas plus intéressant pour autant.
Monopolise
désormais 90% de l'activité des cadres au bureau : ils attendent un e-mail qui
ne vient pas, ils téléphonent pour savoir si l'e-mail qu'ils ont envoyé est
arrivé, ils essaient de déchiffrer un e-mail rempli de signes cabalistiques et
quand ils se décident enfin à ouvrir la pièce jointe (le fichier attaché au
message), ils découvrent trop tard que c'est un virus horrible en train de
bousiller leur ordinateur. Ils doivent alors rester devant leur écran pour
attendre la hot line, tout en se
demandant combien d'e-mails ils vont louper pendant ce temps.
On
a éventuellement le droit d'utiliser dans ses e-mails les abréviations et les
dessins du chat, à condition
de s'adresser à des gens susceptibles de les comprendre.
Sinon,
l'écriture d'un e-mail obéit à certains rites : on ne dit pas bonjour ni au
revoir ; on finit son message par l’affreuse maxime banale du jour et par un
lien vers son site préféré ; on ne fait aucune mise en page. Bref, c'est une
nouvelle forme de minimalisme brutal et prétentieux. Il aurait déplu à Voltaire
qui écrivait à une correspondante : «
Je vous écris une longue lettre parce que je n'ai pas le temps de vous
en écrire une courte. »
En
français : mél ; mais personne ne l'emploie à part le journal Le Monde.
Plus joli, chez les canadiens : courriel (contraction de courrier
électronique).
Voir
également PC de bureau.
Earnings Before Interests, Taxes, Depreciation and
Amortization. Résultat
avant frais financiers, impôts, provisions et amortissements. Une fois qu'on a
enlevé tout çà, votre résultat est forcément positif, ou alors vous êtes
vraiment nul.
Ce
nouveau ratio financier permet à un grand groupe de faire croire aux analystes
qu'il fait des bénéfices alors qu'il est en fait bourré de dettes, compte tenu
de ses investissements aléatoires (voir J2M).
Dans
les rencontres d'affaires, il est de bon ton d'aborder un confrère en lui
demandant : « Et ton Ebitda, il mesure combien ? » S'il vous gifle,
c'est qu'il a mal compris. Une entreprise qui a un mauvais Ebitda est d'abord
dépitée, puis décapitée.
Quand
elle est de gauche, elle vise à instaurer la primauté de la nature sur l'homme.
Quand elle est de droite, c'est pareil, sauf qu’il ne faut rien changer. Au centre,
ce mot n'a pas encore été découvert. Un internaute écologiste, c'est quelqu'un
qui consulte le web dans un champ de blé bio sur un PC portable en
carbone, alimenté par des piles recyclables ou un panneau solaire jetable.
Vous
connaissez la différence entre la science et la technologie, selon Michel
Serres ? La science, c’est ce que le père apprend à son enfant. La
technologie, c’est ce que l’enfant apprend à son père. On fait de moins en
moins d’enfants et, pourtant, ils ont de plus en plus de choses à nous
apprendre. C’est dommage. Grâce à eux, par exemple, on pourrait essayer de
simplifier tous nos langages et leur préparer un monde meilleur :
« Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos
enfants» dit le proverbe africain.
Technique
relationnelle de l’agent double Mata Hari, visant à adhérer publiquement à un
organisme ou un objectif tout en travaillant secrètement pour un autre. Très
utilisé en politique et en économie.
Exemple : Jospin entre au parti
socialiste tout en restant trotskyste. Chirac devient président de la
république tout en continuant à diriger la mairie de Paris à travers un faux
nez. Tel directeur d’un grand quotidien indépendant, que je ne nommerai pas, a
des amis qui sont plutôt de la gauche singulière tendance extrême. Tel autre,
que je ne blâmerai pas non plus, a des amis qui sont plutôt largement à droite
de la droite.
Plus
généralement :
tout grand patron est un adepte de l'entrisme ; on croit qu'il travaille pour
son entreprise, alors qu'en fait il ne travaille que pour lui. Ou bien, les
salariés s’imaginent que leur patron bosse pour eux, alors qu'il ne jure que
par son actionnaire. Peut-être même l’actionnaire de son actionnaire. Et, tout
en haut de la pyramide, nous retrouvons les fonds de pension américains.
Voir
J2M.
Numéro
du message qui s'affiche sur votre écran d’ordinateur quand le système ne
trouve pas le site web que vous cherchez. Pourquoi ce numéro 404 ? Parce qu'il
est joli et palindromique.
Par
extension
: tout ce qui n'aboutit pas malgré les espoirs qu'on y a mis. Exemple : «
Cette fille (ou ce mec), c'est vraiment une erreur 404 ! ».
Par
définition, toute start up est une erreur 404 jusqu'au jour où
elle réussit. Mais ce jour-là n'est pas encore arrivé. D’ailleurs, les start up
qui réussissent ne sont plus des start up, par définition. Ce sont des erreurs
statistiques.
Entreprise
Ressources Planning
Sigle
phare du business moderne, que vous devez absolument connaître car il obsède
tous les patrons.
C’est
un logiciel qui planifie à votre place toutes les ressources de votre société,
ce qui fait que vous êtres pieds et poings liés à un programme schizophrène qui
essaie de faire marcher toutes les entreprises de la même façon, ce qui est
quand même d’une incroyable audace.
Même
si vous n’êtes pas dans la haute technologie, pour peu que vous vous
intéressiez quelque peu à l’entreprise, vous ne pourrez pas échapper à ce
sigle, car c’est l’une des plus grandes inventions du siècle, qui nourrit
beaucoup de fournisseurs et de dépanneurs informatiques, compte tenu des dégâts
qu’elle provoque dans l’entreprise qui l’utilise.
La
seule qualité unanimement reconnue à l’ERP aujourd’hui est qu’il garantit des
emplois à vie d’informaticiens (pour le comprendre, l’enseigner, l’installer,
puis immédiatement recevoir la nouvelle mise à jour, et donc à nouveau
comprendre, enseigner…etc.).
Une
fois que vous avez installé un ERP dans votre société, vous êtes tranquille,
tous vos problèmes informatiques ne viendront plus que de lui. D’où le mauvais
jeu de mots en français : ERP= Echec Récurrent Programmé.
Voir
SSII.
Unité
moderne de mesure monétaire obligeant à calculer en centièmes comme il y a 50
ans. Le passage à l'euro a été le plus gros chantier informatique inutile du
siècle. Les entreprises, les gouvernements, les commerçants ont dépensé des
sommes pharaoniques, simplement pour déplacer une virgule et diviser par un
nombre comportant une quantité invraisemblable de décimales. On a créé et vendu
très cher des logiciels qui se contentaient de faire une seule opération
arithmétique. Et, comme les taux de TVA restent extrêmement différents d’un
pays européen à l’autre, les consommateurs ne pourront toujours pas comparer
réellement les prix. En plus de l’euro-calculette, il leur faudra l’euro-convertisseur
de taxes. L’Euroland, comme disent les américains, n’est finalement qu’une zone
géographique virtuelle qui va utiliser la même monnaie en continuant de parler dans
toutes les langues. Heureusement, il y a les Anglais, qui ne font jamais rien comme
les autres. « Chaque Anglais est une île » disait Oscar Wilde.
Déesse
de l'union ; mythe économique principal de la deuxième moitié du 20e siècle. Il
n'y a quasiment plus d'industrie européenne de la high tech, les seuls qui ont
encore un peu d’avenir étant les dépanneurs. Chaque fois qu’une industrie se
développe en Europe, dès qu’elle atteint un niveau de grande consommation, elle
est récupérée par des pays à bas salaires qui font la même chose moins cher. Et
les pays européens doivent alors l’abandonner et inventer une nouvelle
industrie. Mais, après l’échec des start up internet, le taux d’innovation
s’essouffle. Il ne reste plus que le tourisme en France qui puisse résister à
la concurrence, parce que c’est difficile d’imiter la Cote d’Azur. Le luxe,
lui, a des problèmes car on peut l’imiter très bien. Quant au Concorde,
personne n’a envie de le copier.
Voir
SSII.
Avant, quand un patron ne savait pas comment résoudre un
problème, il l’évacuait (en le confiant à un collaborateur). Aujourd’hui, il
l’externalise (en le confiant à quelqu’un de l’extérieur). Ca coûte aussi cher
qu’avant mais, au moins, on sait pourquoi et on se dit qu’on peut couper les
vivres à tout moment : c’est toujours plus facile de virer un fournisseur
qu’un employé.
Le principe est global : dans une entreprise, tout est
externalisable, sauf le patron. C’est ainsi que l’entreprise devient peu à peu
virtuelle : plus d’usines, plus de comptabilité, plus d’informatique, plus
de salariés, plus de bureaux, rien que des idées et un patron, tout seul
peut-être mais peinard.
Si vos idées s’externalisent, c’est qu’on vous pirate. Les entreprises qui acceptent de recevoir des activités
et des personnels externalisés sont en général subventionnées parce que c’est
moins cher de payer ces subsides que des allocations chômage.
Recomposée
ou monoparentale. Cellule typique de la vie moderne : un ou deux
enfants mais un seul parent ; un couple homosexuel désirant un enfant est une
sorte de clone dédoublé de la famille monoparentale.
Plus
généralement :
la famille monoparentale est le symbole d'un courant d'idée proche de l'oxymore
qui tente d'accoupler des concepts opposés : la croissance et l'égalité, la
liberté et la morale, la jouissance et la sécurité, le sport et l'éthique, la
télévision et la qualité, Chirac et Jospin, Windows et la facilité, etc.
En réalité, il y en a toujours un qui gagne au détriment de l’autre.
Ces
organismes financiers ont de très gros portefeuilles d’actions et chassent les
plus-values, qui assurent les pensions de retraites de ses membres. Ils sont
réputés être les actionnaires les plus influents de l'économie mondiale. En
fait, c'est faux, l'actionnaire le plus influent, c'est le hasard. Mais surtout
ne le répétez pas !
Toutes
les grandes entreprises du monde occidental ont une part non négligeable de
leur capital entre les mains de ces caisses de retraites, qui interviennent à
tout moment sur les cours de bourse avec des sommes considérables et selon des
principes incompréhensibles. Ainsi, même avant le 11 septembre, la caisse de
retraite des pompiers de New York était réputée être un des opérateurs mondiaux
les plus active sur les mouvements en bourse.
Depuis
la déconfiture internet, ces sectes anglo-saxonnes cherchent un nouveau dieu à
adorer à la place de leur ancienne idole, le Dvidende, brûlé par les start-up.
Le
membre typique des fonds de pensions, la ménagère de Wichita (Kansas, épicentre
des Etats-Unis) a remplacé la veuve de Carpentras dans les archétypes de la
finance. On n’a pas gagné au change.
Argent
en espèces versé aux ministres pour qu'ils puissent prendre des vacances en
famille et acheter des billets d'avion. Si c'est chez Air France, alors les
billets sont offerts.
Plus
généralement :
tout le monde a des fonds secrets, les entreprises, les mairies, les casinos, Microsoft…Mais
quand la firme de Bill Gates arrose les partis, c'est à l'américaine, en toute
transparence et c'est marqué dans les comptes: quel merveilleux pays !
En
économie, bouc émissaire traditionnel pour cacher de mauvais résultats. Quand
un grand groupe dit « Nous avons pâti en Europe des fluctuations de change »
, cela signifie en clair « Nos résultats sont mauvais partout dans le
monde.»
Machin
gratuit.
En
informatique tout est
quelquechose-ware. Le logiciel,
c’est doux , c’est du soft-ware. Le matériel, c’est dur, c’est du hard-ware.
Quand c’est un peu des deux, c’est au milieu, donc çà s’appelle… Middle-ware!
Quand c’est fumeux (un discours marketing
par exemple), on appelle çà du vapor-ware, le truc qui vous donne des vapeurs
tellement c’est creux. Les gens qui fabriquent du middleware ont un peu le cul
entre deux ware (votre bidule, là, c’est du matériel ou c’est du
logiciel ?). Ils ont du mal à savoir ce qu’ils font et, surtout, ils ont
du mal à se faire comprendre, alors ils
font du vaporware.
Dans
ces conditions, il fallait inventer le tout gratuit et ce fut fait avec le
freeware. C’est un logiciel fabriqué par un bidouilleur dans son coin, qui fait
la même chose qu’un programme vendu très cher par un grand éditeur de logiciels,
mais lui, il est gratuit et téléchargeable sur internet. C’est comme çà que çà
marche, la vie sur le net. Enfin, c’est comme çà que çà marchait.
Heureusement,
on se retrouve vite dans un terrain connu : il y aussi en freeware des
logiciels pleins de bugs et
qui ne servent à rien. Quand il faut le payer un peu, on l’appelle le
share-ware, le machin qu’on partage en donnant son obole. Un côté échangiste,
en quelque sorte. Le risque est le même, la jouissance en moins.
Abréviation
de fusions-acquisitions. Sorte d'agitation brownienne de l'univers des
affaires, par laquelle toute entreprise est tour à tour proie ou prédateur.
Pour le salarié, la fusac lui pète toujours à la gueule comme une fusée mal
réglée; pour l'actionnaire, au contraire, c'est un feu d'artifice qui fait grimper
en flèche les cours de ses valeurs dans le firmament étoilé de son ambitieux
portefeuille.
Militaire : Marche en avant. Politique
: surplace (un pas en avant, un pas en arrière). Technologie : inconnu !
La technologie va toujours de l'avant, paraît-il.
Voir
Droite-Gauche.
En
théorie de management : méthode marketing permettant de transformer un échec local
en succès planétaire. Quand vous ne réussissez plus sur un marché national,
dites que vous avez une stratégie globale et les banquiers vous croiront.
Peut-être.
Commentaire
: Vous
pouvez être un nain local, qu'ils disaient, mais, grâce au net, vous serez un
géant de la planète. En fait, si on est gros et mondial, on a encore plus de
chances d'être global plus vite. Le global, c'est le grand bal des gros bras.
Et pour les glands : peau de balle ! Avec la globalisation, plus vous êtes
connu et riche, plus vous avez de chances de l'être encore plus ; plus
vous êtes petit et pauvre, plus vous avez de chances de vous casser la gueule
plus vite,.
La
question de fond est : le camembert peut-il être global ?
Voir
également :
J2M et Mondialisation.
Technique de localisation par satellite qui aurait dû
s'appeler GPT mais un consultant à trouvé que GPS c'était mieux
parce que çà rimait avec PS, comme post-scriptum.
De
l'anglais to hack : trancher dans le vif du sujet, lequel en général ne
s'en remet pas.
Jeune
pirate sur internet qui, plus tard, devient conseiller en (in)sécurité
de l'information dans les grandes entreprises. Moins le hacker a fait d'études,
plus il est doué pour faire des dégâts.
Le
premier hacker de l’histoire était programmeur dans une banque et faisait virer
sur son compte les arrondis de centimes de chaque transaction. Quand sa
magouille a été découverte, par hasard, la banque a préféré transiger avec lui
: il était impossible de retrouver et de rembourser les millions de comptes
qu'il avait grugé de quelques décimales. C'est ainsi qu'il est devenu l’un des
grands spécialistes mondiaux de la sécurité. Mais il a aussi lancé le mythe de
ces pirates modernes qu'on regarde encore avec indulgence comme s'ils étaient
les fils d'Arsène Lupin alors qu'ils sont peut-être financés par des
terroristes, va savoir !
On
est fasciné par leurs prouesses technologiques, intrigué par le mystère de leur
personnalité psychologique, admiratif de leur audace sans bornes (« Quand la
borne est franchie, il n'y a plus de limites » disait Pierre Dac). Bref,
beaucoup d'ingrédients dans le scénario pour en faire des héros modernes. La
réalité est, comme d'habitude, plus terre à terre : la plupart des hackers
cherchent à se faire connaître par un coup d'éclat pour ensuite mieux vendre
leurs compétences. Dis-moi comment tu pirates et je te dirai quel job je peux
t'offrir.
Au
départ sexuel, puis moral, mais toujours textuel et médiatique, le harcèlement
s'étend aujourd'hui à de nombreux domaines de l'économie et de la technologie.
Intel nous harcèle avec un nouveau microprocesseur tous les six mois. L'Etat
nous harcèle avec ses réglementations. France Telecom nous assomme avec ses
pubs. Le téléphone mobile nous poursuit jusque dans les W.C. (c'est marrant,
c'est toujours quand je suis aux toilettes que mon portable sonne !). Nous
sommes tous des harcelés en puissance. La pression de la pub et de la
communication se traduit par un harcèlement textuel et multimédia, dans vos
e-mails, sur votre téléphone portable, etc.
En selle, Marcel, monte sur ta haridelle et mange des varicelles pour échapper
à tous ces harceleurs receleurs!
Haut
dépit. Transmission plus rapide des erreurs. Quand les grands groupes high
tech affirment « Le haut débit est l'avenir d'internet et
des télécoms », traduisez par « Ca va se planter deux fois plus vite ».
Personne n'a vraiment besoin du haut débit, à part les sites de cul et les
vendeurs de boissons. Plus sérieusement, on évoque le haut débit (sous-entendu
: de la transmission des informations) quand on cherche un avenir possible au
web et aux téléphones portables, réputés aujourd'hui trop lents : en fait, on a
déjà du mal à digérer tout ce que ces bidules nous offrent, alors qu'est-ce que
ce sera quand ils iront deux fois, non dix fois, plus vite ! Tout le monde
s'intéresse à la quantité d'informations qu'on peut envoyer en un temps donné
et à la taille des tuyaux nécessaire pour les acheminer, personne ne se
préoccupe du temps qu'il faudra au récepteur pour digérer tout çà ! C'est ce
qu'on appelle une industrie tirée par l'offre : peu importe la capacité du
demandeur, ce qui compte c'est de lui en donner toujours plus parce que, de
toute façon, on ne peut pas faire autrement. C'est l'éternelle fuite en avant
imposée par l'économie de croissance. L'utilisateur des nouvelles technologies
est vu comme un ventre sans limites.
Contraction
de high technology, haute technologie, sous-entendu de l’information. La
ou le high tech, c'est tout ce que vous ne comprenez pas quand on vous
parle informatique. Rassurez-vous, ceux qui vous en parlent n'en savent pas
plus.
Littéralement : ligne chaude.
En
général
: service à caractère sexuel.
En
informatique/télécoms
: service d'assistance téléphonique 24h sur 24 (sauf le matin, l'après-midi et
le soir), 7 jours sur 7 (sauf le lendemain des jours où on ne travaille pas).
Commentaire
: D'abord
la hot line vous coûte 2,23F la minute pendant que vous écoutez Vivaldi vous
répéter que vous êtes le numéro 145 sur la liste d'attente et qu'un conseiller
vous prendra au mieux dans 3240 secondes.
Ensuite,
quand un technicien décroche parce qu'il s'est trompé de bouton, il vous fait
immédiatement écouter au choix l'un de ces trois arguments préenregistrés sur
une bande sonore:
1/
C'est de votre faute, vous avez fait une fausse manip, recommencez tout depuis
le début et ne rappelez que si le problème persiste, ce qui est impensable.
2/
Il est désolé, c'est leur serveur qui est en mise à jour, ils sont en train de
le bichonner, cela ne prendra qu'une petite dizaine de jours. Rappelez à ce
moment-là.
3/
Chez eux, tout est OK : c'est donc forcément Machin, votre logiciel (PC,
système d'exploitation, téléphone, modem, etc., rayez la mention
inutile) qui ne fonctionne pas, d'ailleurs ça arrive souvent avec Machin, il
faut les appeler directement. - Vous avez le numéro ? - Non, je n'ai pas le
numéro, consultez votre documentation, merci, au revoir, il y en a plein
d'autres comme vous qui attendent.
C'est
alors seulement que vous souvenez du proverbe chinois : « L'expérience est
une lanterne accrochée dans le dos qui n'éclaire que le chemin parcouru. » Et
comme dirait Pierre Dac, si vous vous retournez sur votre passé, alors
l’avenir, vous l’avez dans le dos.
Hier , dans
l’entreprise, on cherchait votre adhésion, il fallait vous motiver par le
système classique carotte-bâton, de manière à ce que vous vous sentiez
concerné. Aujourd’hui, on cherche à obtenir de vous une implication, garante de
votre intégration dans un corps social formé par adhésion. Vous n’avez rien
compris, n’est-ce pas ? C’est normal, çà, c’était le discours des
sociologues. Je vais vous le raconter l’histoire plus simplement : vous
connaissez la différence entre « être impliqué » et « être
concerné « ? Facile ! Prenez une poule, prenez un cochon et
préparez des œufs au bacon: dans les œufs au bacon, la poule est concernée mais
le cochon est impliqué !
Alliance
d'une science inexacte et d'une activité humaine faillible.
Egalement
:
Technique extraordinairement longue et coûteuse pour transformer un système
d'information simple, stable et opérationnel en un ensemble flou, en
perpétuelle évolution et complexe, réalisant de nombreuses fonctions inutiles,
et bourré d'erreurs dans la réalisation de celles qu'on lui avait demandées.
L'histoire des techniques modernes nous aura au moins appris une chose :
l'ordinateur ne corrige pas l'homme, il ne fait qu'amplifier de manière
exponentielle ses défauts et ses qualités. Voir loi de Moore.
D'où
l'adage populaire : « L'informatique, çà ne marche jamais. »
Pain
bénit des élus et des consultants. Quand on n'a pas d'idées, on évoque les «problèmes
de sécurité » et çà met tout le monde d'accord. Thème unique de toute
campagne politique et obsession des webmestres de sites. Même si on risque
moins d'être occis par les « bricons » dans la Forêt de Saint-Leu aujourd'hui
qu'il y a deux ou trois siècles, même si c'est la route et pas les voyous qui
tue des dizaines de milliers de gens par an, on continue à mettre l'insécurité
en avant pour agiter les foules. Sur internet, c'est à peu près la même
chose : le client hésite à donner son numéro de carte bleue alors qu'il a une
chance sur mille milliards d’être piraté. Et s'il l'était, il aurait plein de
recours légaux à sa disposition. Mais le piratage de sites, c'est un beau sujet
et tous les médias en parlent. Ce qui
est dur à admettre c'est qu'un système informatique, par définition, n'est
jamais sûr. Alors, osez donc vous poser la question qui tue : « La vie,
elle-même, est-elle vraiment sûre ? » Peu à peu, tout est devenu risqué :
la religion, le sexe, l'automobile, le sport, le coca light, la vache… Même
rester immobile est peut-être dangereux.
Prononcez
inn'telle. Si vous dites Untel, premièrement vous ne faites pas
sérieux car on se demandera de qui vous parlez si vous affirmez « C’est
Untel qui domine le monde des composants électroniques » ; deuxièmement, le Untel en question vous fait
un procès immédiatement, il a une armée d'avocats qui ne servent qu'à çà.
Intel,
l'empereur des microprocesseurs, le sponsor favori de Microsoft. Passe son
temps à proposer des puces mémoire et processeurs deux fois plus puissantes et
deux fois moins chères qu'avant et qui sont immédiatement utilisés par
Microsoft pour ses nouvelles versions de logiciel qui prennent deux fois plus
de place. Ce qui fait qu'en final, l'utilisateur paie toujours le même prix
pour faire la même chose mais il est content, il a une machine deux fois plus
performante.
Un
des patrons d'Intel, Andy Grove, a bien décrit l'ambiance de son industrie dans
un livre intitulé : « Seuls les paranoïaques survivent ». Bill Gates, le
patron de Microsoft, l'a pris au mot. Depuis, il paraît que Grove et Gates ne
communiquent plus que par pigeon voyageur interposé, porteur de petits mots
écrits à la main dans une encre invisible. Et quand le pigeon arrive, le
récipiendaire lit le mot et avale le tout (le pigeon aussi). Parfois, il se
trompe et mange un corbeau envoyé par un concurrent. Ce jour-là, Grove et Gates
n'inventent pas de bons produits. On dit que c'est comme çà qu'est né Windows.
La
seule quantité qui évolue de manière positive sur internet. Faut dire que dès que
vous cliquez par hasard sur un écran, vous êtres immédiatement comptabilisé. Du
coup, plus on parle des échecs de la toile,
plus le nombre d’internautes augmente. Autrement dit, moins il y a de choses
nouvelles à voir sur le web,
plus çà intéresse les gens. Finalement, c’est un peu comme la télé ! Internaute
a la même caractéristique que informatique ou poubelle, c’est un
mot spécifiquement français.
Vieux
réseau d'ordinateurs, lent et non sécurisé, aussi poussiéreux qu'une toile
d'araignée, sur lequel, par un mystère inexpliqué, personne n'a rien payé
pendant des années.
Construit
dans les années 1970 par des militaires américains devenus toxicomanes pendant
la guerre du Vietnam et qui avaient peur que les russes piratent leurs gros
ordinateurs, il est aujourd'hui beaucoup utilisé par les pédophiles et
les hackers. Egalement par les cadres qui, au bureau, s'envoient des
blagues cochonnes par e-mail, consultent des sites pornographiques et
font leurs courses dans des magasins virtuels dont les pages web sont
aussi attrayantes que les cours de bourse dans La Tribune.
Bizarrement,
c’est le seul produit au monde à obéir à cette règle : plus il suscite
d’interrogations sur son avenir, plus il a d’utilisateurs.
En
France, pendant longtemps, les rares entreprises qui s'en servaient préféraient
ne pas le dire à leurs clients, qui les croyaient sérieuses, donc branchées sur
minitel. Aujourd’hui, comme ça devient difficile de ne pas utiliser internet,
elles cherchent la solution en faisant appel à des consultants. Et, là,
évidemment, elles n’ont pas fini de rigoler.
Initiales
américanisées de Jean-Marie Messier, patron pendant quelques années du début du
21e siècle du conglomérat Vivendi Universal. Egalement espoir des
obèses car c'est l'un des rares petits gros à la main moite, avec Gérard
Jugnot, à être devenu une star médiatique. D'ailleurs, il fait comme Johnny Hallyday,
il maigrit régulièrement avant de grossir.
De
J2M, on est passé successivement à J4M (Jean-Marie Messier Moi-Même), puis
J6M (rajoutez Maître du Monde) puis J8M (Merde à Murdoch, autre ogre de la
communication). Un concours est en cours pour les deux M suivants, sans gros
mots SVP.
Ce
spécialiste de la communication et de l'ingénierie financière est capable de
fabriquer de toutes pièces une grande entreprise par une succession rapide de
rachats et de ventes de sociétés n’ayant rien à voir les unes avec les autres,
tout en faisant croire aux analystes qu'elle a un vrai projet global.
Son
slogan préféré : « Je veux être numéro un mondial ». Pourquoi ? Personne
n'en sait rien, mais c'est pas grave, tout le monde s'en fout, sauf les médias.
« Il suivait son idée. C'était une idée fixe et il était surpris de ne pas
avancer » disait Jacques Prévert.
Pas de pot, J2M avance, lui et plus vite que son ombre et que la plupart de ses
collaborateurs, toujours en retard d’un dossier. Il est déterminé à aller plus
vite que les autres dans une direction que lui seul connaît..
Ce
qui est important chez J2M, ce n'est pas ce qu'il dit, c'est l'adorable façon
dont il le dit, ce gendre idéal, avec sa figure pouponne de bébé rose et ses
yeux bleus d'une franchise impénétrable. Avez-vous remarqué l'ambiguïté des
yeux bleus ? Quand ils vous fixent, on ne sait jamais s'ils expriment le vide
ou l'intelligence. Tout ce que dit J2M est frappé au coin du bon sens et de
l'évidence, qui est le coin le plus prisé de Monsieur-Madame Tout-le-monde à
qui il s'adresse exclusivement. La vérité, qu'il n'osera jamais vous avouer
tout de go, c'est qu'il se marre drôlement plus avec le cinéma et la musique
qu'avec les tuyaux d'eau qui constituaient l'activité principale du groupe
avant qu'il n’y remédie. Evidemment, avec les tuyaux d'eau, ce qui est bien,
c'est qu'on peut arroser tout le monde, les mairies, les conseils généraux, les
entreprises de BTP, etc. Avec les tuyaux d’internet, il essaie de faire pareil,
mais apparemment, çà fonctionne moins bien. Forcément, me direz-vous, un portail,
ce n'est pas un rond-point… Bon, pour ceux qui ne comprennent pas : les
portails, c'est les sites web que J2M essaie de lancer partout et qui ne
rapportent pas un rond ; les ronds-points sur la route, c'est ce que vous avez
vu fleurir dans toutes les communes depuis quelques années et qui ne
correspondent à aucune stratégie particulière d'urbanisme, ils sont simplement
la conséquence d'un marché public remporté : donne-moi ton marché et je te
ferai un rond-point.
Prédécesseur
de Mahomet pour la majorité des croyants dans le monde. Pour les autres,
ancêtre de Bill Gates mais qui a fait moins de miracles.
L’aventure a commencé avec Pong, en 1972, un jeu de tennis
sur écran Atari, qui vous ferait hurler de rire si vous le revoyiez
aujourd’hui. Depuis, hélas, des générations de jeunes et de moins jeunes se
sont abîmés les yeux, les mains et le rythme cardiaque à manier toutes sortes
de manettes à toute vitesse, pour faire bouger des objets bizarres dans des
univers glauques et violemment sonores, où il s’agit essentiellement de
flinguer les autres avant de se faire avoir. Les accros au jeu vidéo jouent en
réseau, tout le temps, la nuit de préférence, parce que les communications sont
moins chères. Le matin, les parents trouvent qu’ils ont une sale mine.
L’après-midi, on les reconnaît facilement, ils forment la moitié de la classe
qui dort sur le bras droit. L’autre moitié, qui dort sur le bras gauche, ce
sont ceux qui ont fumé des joints. S’il y en a qui dorment sur les deux bras,
c’est qu’ils ont joué et fumé.
En fait, mes recherches personnelles placent l’origine
définitive des combats de jeux vidéo chez Homère. L’Iliade, en effet, n’est
qu’une succession de duels dans lesquels les deux combattants s’affrontent
pendant des heures jusqu’à ce que, sur un coup particulièrement tordu, l’un des
deux (c’est-à-dire l’adversaire d’Achille), s’effondre en hurlant. Alors,
toutes ses armes tombent à terre dans un grand bruit, Achille les récupère pour
pouvoir les revendre et il revient triomphalement au camp.
Entre
ceux qui refusent de ne plus l'être et ceux qui ne le seront jamais, c'est de
plus en plus difficile de vieillir.
Les
jeunes du début du 21e siècle sont bizarres car ils aiment à la fois
l'argent et les loisirs.
Les
autres créent des start up ou relisent Boris Vian : « Je ne veux pas
gagner ma vie : je l'ai ».
On
disait autrefois voyous des banlieues ; adolescents brimés par la police
qui les empêche de faire ce qu'ils veulent. Pour les aider, on pense développer
des cybercafés : ainsi, ils pourront brûler des micros plutôt que des voitures,
c'est moins cher.
Voir
Quartier sensible.
Politique
: Virus
développant une tendance à protéger systématiquement les vendeurs de drogues
qui organisent les raves techno.
Economie
: Virus
tendant à faire croire aux financiers que des créateurs de start up ont
autant d'expérience que des vieux loups du business. La maladie est en train
d’être éradiquée, les vieux reprennent le pouvoir. Ce n’est pas une bonne
nouvelle.
Etre
hybride accusé, depuis Henri Béraud, soit de parler de ce qu'il ne connaît pas,
soit de taire ce qu'il sait. (Note du relecteur : il est politiquement
incorrect de citer Henri Béraud). On peut préférer le jugement de La
Bruyère : « C'est une grande misère de n'avoir pas assez d'esprit pour bien
parler, ni assez de jugement pour se taire. »
En
haute technologie, le journaliste fait de hautes erreurs. Plus il est
spécialisé, moins il sait, car selon Bernard Shaw : « Les spécialistes
savent de plus en plus de choses dans des domaines de plus en plus restreints :
à la limite, ils savent tout sur rien. »
Bon,
allez, on arrête là le massacre, c'est trop facile ! Et puis, je vais vous
faire une confidence : journaliste, c'est le plus beau métier du monde. On est
invité partout, on vous regarde avec respect, on vit comme un pacha grâce à ses
notes de frais, personne n'a le droit de vous demander où vous êtes ni de qui
vous tenez cette foutue info et tout ce que vous écrivez avec amour n'a aucune
importance, car un article chasse l'autre. C'est pour çà qu'il y a tellement de
journalistes qui se mettent à écrire des livres…Ils aimeraient bien que le
monde se souvienne d'eux.
Mensurations :
90D-60-90. Signe particulier : pistolet 9 mm. Première grande héroïne
virtuelle des jeux vidéos (Tomb Raider), créée en 1998. Dotée d’un regard
langoureux et d’une poitrine avantageuse, elle a fait rêver tous les ados
boutonneux, avec la bénédiction de leurs parents, à qui ils foutaient la paix
pendant ce temps. Peu à peu, on lui a bâti une vraie histoire (elle est née en
1968, la pauvre, elle commence à se faire vieille !) et elle a fini par
être interprétée au cinéma par une vraie actrice, si l’on peut dire, Angelina
Jolie. Un être humain devient le clone d’un personnage vidéo. Cet aller-retour
entre réel et virtuel est un des grands symboles de la schizophrénie galopante
et du mélange des genres qui caractérisent notre époque : vie, rêve, télé,
vidéo, on ne sait plus quel est le monde réel et quel est le monde fabriqué. Et
d’ailleurs, y-a-t-il un monde réel ?
Dans
la high tech, avant, on ne courait pas après des prêts de banquiers pour
financer son développement, on autorisait des investisseurs à participer à
votre tour de table et à votre levée de fonds pour leur donner la joie de vivre
une aventure unique (c'était effectivement rare que cela se reproduise une
deuxième fois). Depuis quelques temps, bizarrement, la levée reste au fonds et,
autour de la table, ce sont plutôt des mains qui se lèvent pour poser des
questions saugrenues, comme : « Expliquez-moi donc plus en détail, cher ami,
comment vous allez faire ces fameux bénéfices en trois ans… ».
Lara Croft en blonde et
en chair. L’héroïne de l’émission Loft Story,
un vieux souvenir de 2001, s’était fait remarquer à l’époque par une
dentition à refaire et par une scène très chaude dans une piscine.
« Mais que se passa-t-il réellement sous l’eau ce soir-là avec
Jean-Edouard? Y-a-t-il eu rapport ou pas ? Et si oui, protégé ? (ce
qui dans l’eau n’est pas évident) » furent les grandes questions
métaphysiques que se posèrent tous les Français pendant des semaines, alors que
Chirac et Jospin essayaient de les intéresser à leurs premières
disputes pré-électorales.
Autrefois : garage réaménagé très
cher pour faire croire qu'on est cool.
Aujourd'hui : synonyme de télé
poubelle ou de télé réalité, selon les points de vue, grâce à l’émission Loft
Story de M6, qui fit sensation dans les années 2000. C‘était effectivement la
première réalisation véritablement multimédia puis qu’on en parla dans tous les
médias et qu’on pouvait en voir des petits bouts (de seins) sur internet et à la télé.
On attend pour bientôt
la création d'un nouvel éditeur qui s'inspirera de la télé poubelle et fera des
logiciels gratuits pour tous les publics, qui ne serviront à rien d'autre que
de les empêcher d'aller voir ailleurs. Il pourrait s'appeler MicroLoft.
Programme
informatique rempli de bugs. Plus un logiciel est cher, plus il a de
fonctions mais, bizarrement, moins il fonctionne. Un logiciel, c'est comme un
magnétoscope : il n'est utilisé en moyenne qu'à 10% de ses possibilités. Et, en
plus, on ne peut pas mettre de cassette vidéo dans un logiciel. Si on peut le
faire, cela s'appelle du piratage.
En
théorie, base de l'informatique. Il n'y a rien de plus logique en effet
que 0 ou 1, noir ou blanc, le courant passe ou ne passe pas. C'est le principe
de l'exclusion. En fait, de même que l'amour, l'ordinateur utilise
largement la logique floue qui, comme son nom l'indique, n'est pas très nette.
Si on y ajoute une virgule flottante et des mémoires à accès aléatoire, on
comprend qu'il puisse s'y passer des choses bizarres.
C'est
comme dans l'histoire de l'aquarium qui circule ces temps-ci sur le web:
« C'est quoi la logique, demande un belge à un ami. - C'est simple, je vais
t'expliquer : tu aimes les aquariums ? - Ben…oui ! - Si tu aimes les aquariums,
tu aimes les poissons ? - Oui. - Donc, tu aimes la nature ? - Oui. - Donc, les
hommes ? - Oui. - Donc, les femmes ? - Ben, oui. - Voilà, si tu aimes les
aquariums, tu aimes les femmes, c'est çà la logique ! » Ravi, le belge se
retrouve dans un dîner mondain quelques jours plus tard et, voulant briller,
dit à son hôte : « Voulez-vous que je vous explique ce qu'est la logique ? - Eh
bien, pourquoi pas ? répond l'hôte, surpris. - Aimez-vous les aquariums ? -
Non, répond l'hôte. - Donc, vous êtes pédé ! C'est çà la logique ! »
Dans le temps, un mac,
c’était un maquereau, qui gagnait sa vie avec les prouesses de ses filles
Aujourd’hui, c’est un Macintosh, l’ordinateur d’Apple qui tente de survivre
face à la déferlante du PC., en vous promettant les plus belles prouesses. Les
Français, toujours singuliers, sont ceux qui, dans le monde, ont la plus grosse
proportion de Mac. Du coup, dans toutes les salons, réels ou virtuels, où l’on cause bit et octet, les fans de Mac
continuent à s’opposer aux mordus du PC. Les pauvres ! Dans un cas comme
dans l’autre, ils se sont bien fait avoir par une machine qui leur prend
tout leur temps! En plus, mais surtout ne le répétez pas, il n ‘y a plus aucune
différence aujourd’hui entre les deux ! Trois quarts des composants sont
identiques et elles utilisent les mêmes logiciels. Mac ou PC c’est blanc bonnet
ou bonnet blanc. Mais on continue de croire qu’on a le choix et çà fait du
bien, surtout au portefeuille d’Apple.
Gros
ordinateur créé pendant la deuxième guerre mondiale pour décrypter les codes
secrets des armées. A l'époque, les experts pensaient qu'un ou deux exemplaires
de ce type de machines suffiraient pour le monde entier. Dans les années
80, les mainframes devaient être
remplacés par des myriades de petits. Mais, bizarrement, plus il y a de
micro-ordinateurs, plus il faut des gros pour les connecter, stocker leurs
infos et mettre un peu d'ordre dans tout çà. On prédit régulièrement la mort du
mainframe. Ca fait bien rigoler IBM (9 milliards de dollars de bénéfices).
Petit
tyran d'antan : « Hier, les manageurs ne faisaient que manager
l'entreprise, les leaders la dirigeaient ; aujourd'hui, les leaders ne font que
la diriger, les héros la sauvent ; demain les héros ne feront que la sauver et
les dieux en seront les rédempteurs. » nous dit Henry Mintzberg, professeur
d'économie. Il a tort : les dieux n'ont pas secouru les start up.
En-dehors
des start up, dans le monde réel des affaires, le manageur est le dindon de la
farce : c'est lui qui développe, qui anime quand la conjoncture est bonne ;
c'est lui qui économise et qui licencie quand elle se retourne. Et quand sa
boîte est finalement rachetée, c'est lui qu'on remercie. En lui disant « Au
revoir ! ».
Plus très à la mode chez les jeunes. Une jeune femme moderne ne veut plus de mari, elle cherche un « géniteur stable ». En économie, les mariages réussissent rarement, pour une raison simple : personne n’est parvenu à résoudre le dilemme célèbre de H.L. Mencken : « Dans un couple, l’objectif est ne faire qu’un ; le problème est de savoir lequel. »
Dans
la high tech, rien à voir avec la lessive qui lave plus blanc que blanc et qui
vous fait prendre des vessies pour des lanternes. Au contraire, ici, dans les
technologies, on vous la montre, la grosse lanterne, devant un long tunnel noir
et on vous dit : allez-y, c'est tout droit ! Alors, confiant, vous prenez la
lampe qui finalement éclaire très mal et vous vous cassez la gueule à chaque
pas. Le marketing est un gonfleur de mots, un habilleur de cinéma, qui vous met
la vie en package. Il invente des concepts avec du vent, s'appuie sur des
chiffres pour délirer, se contente bien souvent de comparer pour en déduire ce
qu'il faut faire. C'est un tueur d'idées, un plaqueur d’initiative, un
incubateur de conformisme. Bon, après çà, j’aurai du mal à trouver un job dans
le marketing…
Le
One to One (prononcez wâne tout wâne et imaginez que cela signifie
quelque chose comme en tête à tête ou bien face à face),
est une drôle de musique qu'on entend dès qu'on parle web. C'est une
extraordinaire alliance du géo-marketing et de l'informatique qui veut
faire croire à un client qu'il est unique alors qu'il demande seulement à être
traité comme les autres. Pauvre client ! On sait tout sur lui, avant même qu'il
n'ait décroché son téléphone ou cliqué sur le bouton fatal.
On
commence à en revenir car, finalement, c'est difficile de gérer une grande
entreprise comme une boutique de fruits et légumes et de dire à chaque client :
« Deux petites laitues bien vertes, comme d'habitude, Madame Michu ? » Parce
que si on s'est trompé et qu'elle n'aime que les scaroles, Madame Michu, on ne
la reverra jamais ! Sachez en effet qu'un internaute moyen zappe d'un
site à l'autre en moins de 7 secondes. Vous vous rendez compte : 7 secondes
seulement pour l'attirer et le retenir ! C'est ce genre de défis qu'aiment bien
relever les pubeux et les marketeurs. Résultat : on vous plaque sur votre écran
des tas de petits zizis en couleur qui bougent pour que çà vous oblige à
cliquer même si vous n'en avez pas envie. C'est une sorte de réflexe pavlovien.
Et, ensuite, on compte tous ces clics et on dit fièrement aux annonceurs :
regardez le nombre de gens qui surfent et qui restent chez nous ! Et
l'annonceur, tout content, il rajoute encore une pub de plus sur votre écran.
Qu'importe si vous avez fermé les yeux depuis longtemps.
e-mail publicitaire qui vous
demande, écrit en tout petit à un endroit impossible à trouver, s'il peut
continuer à vous emmerder longtemps avec ses messages à la noix et ceux de ses
copains. Par défaut, l'option cochée est : oui.
Cette
merveilleuse notion a été inventée quand les marketeurs se sont rendu compte
qu'ils saturaient les boîtes à lettres électroniques de messages non demandés
(le spam en anglais). Aux internautes qui en avaient marre et menaçaient
de se rebiffer, on a alors dit : « Ne vous inquiétez pas, c'est du marketing
permissif ! ». Rassurés, ils reçoivent encore plus de messages stupides
qu'avant mais, maintenant, ils savent pourquoi.
Bouche
à oreille électronique qui permet aux rumeurs de se répandre comme un virus,
c'est-à-dire beaucoup plus vite qu'au
temps du télégraphe.
Le
summum du marketing viral vous contamine quand vous vous mettez à envoyer à
tous vos amis un e-mail en leur recommandant de le transmettre à tous leurs
amis, et ainsi de suite, pour les prévenir qu'il y a un virus qui circule. En
fait, il n'y a pas de virus ; le virus, c'est simplement la répétition de ces
messages d'alertes inutiles qui encombrent les boîtes à lettres. Si vous
arrivez à déclencher une telle chaîne, vous êtes embauché par Procter et
Gamble, mais vous n'avez plus d'amis. Si vous n'y parvenez pas, c'est que votre
Windows est planté par un vrai virus.
Du
latin medium qui ne veut pourtant pas dire médiocre ni voyante.
Ne
s'emploie qu'au pluriel et de manière péjorative, dans des expressions comme : «
Les médias disent tous la même chose » ou bien « Comme d'habitude, les
médias n'ont rien compris … » Quand ils parlent de technologie, par
exemple. Plus le média est grand public, plus il dit des bêtises. Plus le média
est spécialisé, moins il est compréhensible. Une seule solution : lisez ce
livre !
Un mégaoctet, c’est, grosso modo un million d’octets. On vous fait grâce des subtilités du calcul arithmétique à la puissance deux, grâce auquel rien ne tombe vraiment juste. Cette unité de mesure a largement suffi pendant des années à qualifier les tailles de stockage des mémoires ou des disques durs des ordinateurs qui avaient somme toute des proportions raisonnables. Et puis, tout s’est accéléré. Alors il a fallu inventer le giga-octet (milliard), puis le penta (million de milliards), puis le tera (milliard de milliard). A partir de là, on ne sait plus où on est : angoissé, effrayé, saturé, on sait seulement qu’on est submergé par un océan d’informations inutiles. Un peu comme si vous calculiez vos trajets de vacances en années-lumière. Cette distorsion entre les capacités réelles du cerveau humain et les monstres numériques incommensurables qu’il engendre n’est qu’une nouvelle adaptation de l’histoire du docteur Frankenstein.
Anciennement
: sert
à la cuisson rapide des aliments par un four spécial. Aujourd'hui : fait
une cuisson rapide du cerveau par un téléphone portable. Bon, c'est une blague,
ce n'est pas tout à fait prouvé. Pas encore.
Ordinateur
de plus en plus petit qui se plante de plus en plus. C'est une machine
exceptionnelle, car elle génère sa propre entropie : sur un micro, on passe son
temps à régler des problèmes posés par le micro.
Quand
on en a assez, on appelle la hot
line où bien on jette l'ordinateur par la fenêtre et on utilise
discrètement un minitel,
pour avoir en quelques minutes le renseignement qu’on cherche depuis des heures
sur internet. Comme vous
le savez tous, le micro-ordinateur est né dans un garage américain, bien que
deux Français prétendent l’avoir inventé avant, dans une cuisine évidemment. En
tout cas, s’il n’a pas été américain au départ, il l’est rapidement devenu et
il l’est resté. Ce n’est pas un Français qui aurait baptisé une touche de
clavier Alt Gr (facile à retenir : pensez à « alternative au
grognement »). Des grognements, vous n’êtes pas prêts de finir d’en
pousser avec votre micro.
Une
des marques récentes admises dans le petit cénacle des labels mondialement
connus : Coca-Cola, Durex, Le Vatican, Loana…
Signe
distinctif :
adepte de la technique de la mante religieuse qui consiste à signer des accords
avec d'autres marques pour ensuite les avaler.
Autre
particularité :
plus on fait de procès à Microsoft, plus son fondateur, Bill Gates, a des
idées.
Ancêtre
simple, rapide et fonctionnel d'internet.
Avec
le minitel, les entreprises rendaient de vrais services à leurs clients et
gagnaient de l'argent. Ca ne pouvait pas durer.
Procédure
judiciaire visant à empêcher un politique ou un patron de faire son boulot
normalement. Celui qui la subit préfère parler d'une entreprise de
déstabilisation. Quand on est mis en examen, on est présumé innocent selon
la loi et présumé coupable selon les médias. Si la loi se trompe, les médias
s'en délectent. Si les médias se trompent, la loi se tait. C'est comme çà.
Dans
la techno-économie, tout patron est susceptible d'être mis en examen, pour
laisser au juge le temps de comprendre son business. Par exemple, vous avez une
idée : hop, on vous attaque
immédiatement en référé, en vous reprochant de l'avoir piqué à votre voisin. Il
vous faudra prouver que vous avez eu l'idée avant lui. Donc, mon conseil :
dès que vous avez une idée, écrivez-la noir sur blanc, datez-là et couchez-là
sur votre testament chez votre notaire. De toute façon, çà ne sert à rien,
c'est Microsoft qui vous la piquera.
Anciennement
: après
hippo, auto, aéro.
Aujourd'hui
: tout
est mobile, le PC, le téléphone, le business, les cours de bourse, la carrière,
le mariage (le mariage mobile s'appelle le divorce).
Demain
:
l'art, la pensée, l'intelligence, le sexe (le sexe mobile s'appelle le
camping-car)
Commentaire
: La
mobilité, c'est bien, mais faudrait pas que çà empêche de penser. A force
d'être mobile, tout aura tellement bougé que plus rien ne sera à sa place. Et
le monde s'arrêtera peut-être de tourner…Bref, il est temps de militer pour le
mouvement ASSIS : Association des Surfeurs Solitaires Immobiles et Sceptiques.
En
politique et en macro-économie : fille bâtarde du colonialisme, de
l’impérialisme, du libéralisme et du capitalisme, tentant de redorer son
blason. Avec un héritage pareil, c’est dur.
Pour
un entrepreneur : slogan utile pour cacher son absence de stratégie ;
Pour
les salariés et les syndicats : un moyen commode et médiatique de mettre
tous leurs ennuis sur le dos des patrons.
Commentaire
: Il y
a les pro et les anti. Les pros, ce sont les riches. Les anti, ce sont les
pauvres (qui veulent devenir riches) plus José Bové et Greenpeace. Les pros et
les anti ne sont jamais d'accord entre eux, par définition, et ils font exprès
de se réunir au même moment dans deux endroits différents, pour qu'on soit
obligé de choisir.
En
fait, le modèle de la mondialisation a déjà du plomb dans l'aile. Appliqué aux
entreprises, en effet, il a tendance à transformer les collaborateurs en
répétiteurs de consignes universelles – un peu comme des manettes de navire,
entre la passerelle et la salle des machines -
quel que soit le secteur d'activité. Le commandant dit « Synergie
! » et tout le monde répète : « Synergie ». Ou bien le commandant dit «
Stratégie ! » et tout le monde répète « Stratégie ! » Plus personne ne pose de
questions, tout le monde applique la règle. Stop ! On ne pense plus, on
agit ! La mondialisation, c'est aussi simple que MacDo : le même produit
au même prix partout dans le monde. Celui qui croit que réussir dans les
affaires consiste à avoir des idées nouvelles, n'a qu'à aller travailler à
l'Education Nationale : là, au moins, on change de programme chaque année
et à chaque ministre.
Voir
aussi J2M.
Du
nom de Gordon Moore, un des co-fondateurs d'Intel, qui a prédit en 1965 que la
puissance des microprocesseurs doublerait tous les dix-huit mois. Il a oublié de
dire que les emmerdements des utilisateurs aussi ! La vrai loi de Moore serait
plutôt celle-ci : plus la performance des ordinateurs augmente, plus
leur capacité de nuisance aussi, deux fois plus vite.
Allégorique
:
Miracle d'inspiration biblique, du type Multiplication des Pains, version 3.
Au
sens propre :
Protocole informatique de compression des fichiers musicaux qui permet de
transformer un seul CD audio payant en une infinité de musiques gratuites qui
s'échangent sur le web.
Commentaire
: Les pharisiens
(les grandes maisons d'édition de disques) n'en reviennent pas. D'ailleurs, ils
n'en reviendront sans doute jamais. Ils sont du mal à comprendre qu'on puisse
écouter une autre musique que la leur, c'est incroyable. Une pub d'un site MP3
montrait l'un de ces pharisiens- qui faisait déjà une sale gueule - et la
légende disait : « Il reçoit 1 000 artistes par an et il en publie dix. Vous
n'avez pas envie d'écouter les 990 autres ? » Si, ont répondu les
internautes !
Figure mythologique du Moyen-orient, une sorte de
Candide de l'islam, très utilisée dans la communication high tech. Le procédé a
de nombreux avantages : en Occident, l'individu en question est assez peu connu
; la référence à la philosophie soufiste sent tout de suite son parfum des
Mille et une Nuits ; et, surtout, on peut raconter n'importe quoi en le mettant
dans la bouche de Nasruddin, personne n'ira vérifier !
Par exemple, cette histoire que les spécialistes de la
communication pourront méditer à loisir :
Mullah est un maître conteur que tout le monde écoute.
Au souk du mardi, la foule se rassemble devant lui et attend impatiemment sa
parole. Il leur demande : « Savez-vous de quoi je vais vous parler ? ». « Non,
dit la foule ». « Eh bien, si vous ne le savez pas, je n'ai pas envie de perdre
mon temps avec vous, je m'en vais !» Le mardi suivant, la foule a compris le
message et quand Mullah pose la question : « Savez-vous de quoi je vais vous
parler ? », tout le monde répond en choeur: « Oui ! ». « Dans ce cas, dit Mullah,
ce n'est pas la peine d'en parler, je m'en vais ! ». Le mardi suivant, Mullah
repose sa question et, là, après délibération dans la foule, un porte-parole
lève la main et dit : « Maître, certains savent, d'autres ne savent pas ! » «
Eh bien, dit Mullah, que ceux qui savent racontent à ceux qui ne savent pas ! »
Et il s'en va…
Autre enseignement tiré de Nasruddin : lorsque
vous ne savez pas comment différencier votre produit d’un concurrent,
appelez-le Lune et l’autre Soleil et dites qu’il est plus utile. Si on vous
demande pourquoi la Lune est plus utile que le Soleil, répondez
simplement : « C’est quand il fait nuit qu’on a besoin de
lumière ! ».
Ne
veut pas dire : par tous les moyens. C'est pourtant ce qu'on a voulu
nous faire croire quand on nous a dit que l'informatique multimédia
pénétrerait les foyers et les entreprises. Ce ne fut pas l'invasion prédite
parce qu’on avait oublié de baisser les prix et de simplifier les produits.
Alors, on nous a expliqué que multimédia voulait dire : quel que soit le
support. C’est vrai, à condition que ce soit un micro-ordinateur avec
processeur Intel et sous Windows. Aujourd'hui, tombé en
désuétude. Remplacé par haut débit.
Nom
du site de musique MP3 qui voulait révolutionner le monde en permettant
aux internautes de partager gratuitement leur passion. Il n'y est pas encore
parvenu mais ça viendra.
Marché
boursier géré par un programme informatique plein de bugs qui le secoue
comme un Orangina et qu'on soupçonne avoir été écrit par un programmeur du
loto. Pour meubler une conversation languissante, lancez « Qu’est-ce qu’il a
fait l’Nasdaq ? » et si on vous demande à quel place il a terminé le tour
de France, c’est que vous vous êtres trompés de réunion. Le plus
extraordinaire, c'est que le Nasdaq lui-même est une société cotée. Vous pouvez
acheter ses actions si vous voulez : c'est une information factuelle, pas
un conseil.
Par
dérision :
objet de nombreux jeux de mots gais et positifs: « la nasse craque » ; «
le naze claque », etc.
Ce n’est pas une
boutique de pressing ni un magasin d’optique. Ce serait plutôt une erreur
d’optique. Quelque chose de pas vraiment net. Bref on désignait ainsi, dans une
vie antérieure, le business qui se faisait, soi-disant, sur le réseau des réseaux.
Avatar du phalanstère fouriériste du 19e
siècle, doté de tous ses attributs (communauté, échanges, gratuité, gourous) et
qui connut son apogée pendant les deux dernières années du 20e
siècle. Comme dans la plupart des sectes apocalyptiques, ses adeptes ont
pratiqué le suicide collectif de manière exagérée.
Commentaire
: La
net économie, c'est un peu comme le Far West sans les mines d'or : on a promis
le succès facile à tout le monde mais seuls les vendeurs de pelles et de
pioches ont fait fortune ; les gringos s'y sont précipités en s'entretuant mais
personne n'a trouvé le filon ; finalement, les gros exploitants ont tout
racheté et les petits exploités en sont revenus pleins de dettes. On les
appelle les dépités de la pépite.
Expression
commode pour rassembler les nouveaux modèles inclassables, alléchants et
incompréhensibles, de management et de business. Ce qui a expliqué son succès
dans les médias, jusqu’à ce qu’on change de mode. Quand vous ne comprenez pas
de quel business on vous parle, qu'il utilise beaucoup les NTIC, que
vous ne voyez pas à quoi il sert et à condition qu'il puisse perdre beaucoup
d'argent en très peu de temps, pas de doute, cela doit être de la nouvelle
économie. Pour s'en sortir, une seule solution, conseillée par Francis Blanche
: « Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer
le pansement. »
Nouvelles
technologies de l'information et de la communication. Un sigle totalement
inutile, à l’image de l’histoire de l’épicier qui veut afficher « Ici, on
vend des oranges pas chères » et qui finit par ne rien afficher du tout
parce que ce qu’il veut dire est évident. Tout bidule informatique peut être
étiqueté NTIC comme il pourrait n’avoir aucun label. Nouvelles : on
s’en doute, tout est toujours nouveau, sinon, ce n’est pas la peine d’en
parler. Technologies : c’est sûr, on n’est pas dans le camembert et
d’abord, c’est pas des technologies, c’est des techniques. Information :
ben, oui, de quoi on causerait sinon ? Communication : quelle
différence, déjà, avec l’information ?
Cette
expression pourrait aussi bien s’appliquer au langage des sourds-muets ou aux
JT surréalistes de la télé. En fait, par abus de langage, est classée NTIC
toute technique tendant à utiliser massivement l'ordinateur pour
transmettre tout type d'information, quelles que soient l'utilité de celle-ci
et l'envie qu'on ait de la recevoir.
Il
y avait l'Insee et les factures EDF, on a maintenant la Net économie et
la Nouvelle économie.
Le
gouvernement, qui emploie plein de consultants, a déjà enlevé le N : il
parle, sans rire, des TIC (sic). Mais il ne fera jamais comme l’épicier :
les poltiques ont toujours quelque chose à vendre même quand ils n’ont plus
rien en devanture.
Ne
le dites plus avec des fleurs, dites-le avec des chiffres. Tout est numérique,
numérisé : les mots de vos e-mail, les musiques de vos CD, les images de
vos appareils photos. L’objet physique numérisé devient quasi-virtuel,
puisqu’il n’est plus représenté que par quelques bits et octets
dans une mémoire de stockage de l’ordinateur. C’est en ce sens qu’on dit
souvent qu’on passe d’un monde réel (peuplé d’objets) à un monde virtuel
(peuplé de concepts). Nous ne ferons plus l’amour avec des êtres de chair, nous
phantasmerons à l’écran devant des créatures dessinées et robotisées. Puis,
quand tout sera numérisé, nous serons enfin tous virtuels. Serons-nous plus
heureux pour autant ?
Un octet égale huit bits, en général et quand tout est OK dans l’ordinateur. Quand çà va mal, c’est que les octets ont des hoquets et vous ne pouvez qu’acquiescer. Pour ne pas mourir idiot, sachez quand même qu’un octet stocke en moyenne un caractère (oui, je sais tout çà est complètement approximatif mais s’il fallait vraiment rentrer dans les détails, on en perdrait son latin !). C’est ainsi que vous pouvez choisir entre l’Encyclopedia Universalis en vingt volumes, auquel cas il vous faudra changer d’appartement ou bien la prendre en DVD. Et là, vous vous apercevrez avec stupéfaction que la mémoire universelle de l’homme et de la planète tient sur une petite galette de 3 gigaoctets, c’est-à-dire seulement, si l’on peut dire, 3 milliards de caractères.
L’informaticien
est certainement un organisme génétiquement modifié car un être normal ne
passerait pas des heures sur son écran à essayer de résoudre les problèmes
qu’il s’est créé tout seul. Par extension : OGMM, organisme génétiquement
modifié par Microsoft. C’et l’utilisateur final qui croit acheter un ordinateur
pour s’amuser (voire travailler) et qui passe son temps à essayer de débloquer
son Windows.
Une
machine paresseuse qui ne travaille qu'avec des 0 et des 1. Un ordinateur, nous
dit le Petit Robert, ordonne, met en ordre, bref, donne des ordres. Si on avait
relu cette définition à temps, on se serait méfié !
Ou
oxymoron. Accouplement de termes paradoxaux, incompatibles ou
contradictoires destiné à rendre une nuance de pensée si fine qu'elle échappe à
toute analyse. N'a rien à faire ici dans ce dictionnaire, mais c'est pour voir
si vous suivez; ceci dit, en cherchant bien, on pourrait dire : « nouvelle
économie » est un oxymore.
Un mot extrêmement usité par les patrons anglo-saxons.
Les pauvres, ils croient qu’il signifie : stratégie ou valeur ajoutée alors qu’il veut
simplement dire modèle. Exemple trouvé dans la presse américaine:
« We need to leverage our synergies to capitalize on our fundamental
intellectual paradigm. » Littéralement : « On va faire jouer
l’effet de levier de nos synergies pour capitaliser sur notre paradigme
intellectuel de base. » qu’il faut traduire par : « J’ai lu chez mon
coiffeur ce matin un article de Business Week daté d’il y a six mois et je vous
préviens qu’il va falloir faire des économies. » En fait, paradigme
est un concept technique complexe réservé à la grammaire et à la linguistique.
Définition du Petit Robert : « Ensemble des termes qui peuvent
figurer en un point de la chaîne parlée, avec des substitutions » !
C’est dire si on peut l’employer à tort et à travers. Plutôt que de
déclarer : « J’ai une idée » ce qui inquiéterait ses
collaborateurs, le patron préfère déclamer : « Notre paradigme va
évoluer. » Et, là, tout le monde est forcément d’accord et comprend que çà
va saigner. Quand une entreprise sort son paradigme, plus de paradoxe :
c’est la fin du paradis. Et ça rapportera pas un radis.
Un
truc qu'il faut acheter avec la boutique, sinon on reste à la porte. Rien à
faire dans ce dictionnaire non plus mais c'est une anecdote que j'avais envie
de raconter et je ne savais pas où la caser. Quand j'étais gamin, je passais
tous les jours pour aller à l'école devant un magasin, fermé pendant des mois,
avec une pancarte accrochée à la devanture: « Pas de porte à vendre. »
Je me suis longtemps demandé pourquoi il fallait dire qu'on n'avait pas de
porte à vendre. Le web, c'est un peu pareil, on y expose plein de choses
inutiles.
On
connaissait le patriote brut de fonderie, sévère mais juste, droit dans ses
bottes, le doigt sur la couture, en temps de guerre essentiellement, avec ses
excès et ses passions. Comme disait Bernard Shaw : « Etre patriote, c’est
croire que votre pays est supérieur aux autres…parce que vous y êtes né !
» Les actions patriotiques, même chez
les Papous, elles ne sont pas pour, elles sont d’abord contre. Contre quelque
chose, quelqu’un : le vilain, le diable, l’affreux, c’est toujours l’autre,
Bush nous l’a bien expliqué, il y a quelques mois. Il a oublié de préciser s’il
y avait des Afghans patriotes…
Mais
voici que ce patriotisme new look s’applique à tout. C’est le nouveau label
marketing qui fait fureur chez les héraults de nos différents mondes.
Par
exemple, on peut être un patriote « thérapeutique » une invention de
Bernard Sans Frontières (Kouchner) : en clair, n’abusons pas, pour nos
petits maux bénins, de médicaments réservés à des traitements de choc car nous
pourrions assécher le marché (c’était à propos du bacille du charbon). Le
gouvernement canadien eut alors l’idée, certainement patriotique, de commander
des médicaments génériques, en plus de ceux de la firme Bayer, pour être sûr
d’en avoir assez en stock, au cas où. Mais Bayer, d’un ton très patriotique,
déclara que ce n’était pas une façon de récompenser ceux qui trouvaient de
nouvelles molécules que d’aller acheter des clones moins chers ailleurs. Bref,
ce fut une belle empoignade de patriotes !
Enfin, en économie,
quand on ne sait pas sous quelle bannière se ranger, on se tourne vers le
patron des patrons, pardon, l’entrepreneur des entrepreneurs, Ernest-Antoine
Seillières : il nous invite régulièrement au patriotisme, même si on ne
comprend pas toujours ce qu’il voulait dire. L’entreprise qui rachète trois
quarts des activités d’une autre pour un quart de ses effectifs (affaire
SEB-Moulinex) est un patriote, n’est-ce pas ? A moitié seulement,
semble-t-il… Et chez vous, les licenciements, sont-ils patriotiques ? Et cette fusion, cher monsieur, qu’en pensent
vos patriotes ? Le patriotisme économique, quel label ! Le pubeux qui
a inventé çà, il est trop fort ! Il faut adorer ces mots qu’on lance en
l’air et qui n’en finissent pas de retomber, de rebond médiatique en rebond
sociologique, comme une partie de ping pong où la balle serait un mix de
concept fumeux et de patate chaude. Ils sont tellement beaux, ces mots, que
personne ne peut les critiquer, ils sont tellement larges qu’on peut tout y
mettre. Pourtant, le problème date de longtemps : pourquoi Dieu a-t-il
choisi les Français contre les Anglais du temps de Jeanne d’Arc ?
Anciennement
: parti communiste. Depuis 20 ans : personal computer, ou ordinateur personnel,
qui ordonne tout votre temps dans un seul but : le perdre. Dans le temps,
on opposait les PC (sous-entendu IBM et compatibles) aux Mac (les
Macintosh d'Apple). Aujourd'hui, on ne sait plus ce qui les distingue vu qu'ils
ont les mêmes composants et les mêmes logiciels. Un PC, c'est donc tout
simplement un micro-ordinateur, c'est-à-dire une source de
macro-frustrations.
Micro-ordinateur qui encombre le bureau
et qui fait autant de bruit qu'un ventilateur, sans la fraîcheur.
Objet
d'un culte obsessionnel chez tous les cadres, vissés huit heures par jour
devant leur écran comme s'ils espéraient le messie. En fait, ils attendent la hot
line, où bien ils consultent en douce des sites de cul. Quand la hot line
arrive, quelques jours plus tard, elle cherche le PC sur le bureau mais elle ne
le trouve pas, car il est maintenant caché sous le bureau. Si elle le trouve,
elle le met sur le bureau parce que c’est plus facile de le dépanner ainsi qu’à
quatre pattes par terre. Quand elle s’en va, elle oublie en général de le
remettre sous le bureau, là où le cadre s’est endormi en attendant la fin des
opérations.
Micro-ordinateur qui déforme la poche
encore plus qu’un téléphone portable.
Le
PC de poche est doté au choix d'un clavier pour main de nain ou bien d'un écran
tactile sur lequel il faut tapoter avec un stylet pendant une heure pour écrire
un mot. Si on a fait une erreur de frappe, il vaut mieux éteindre l'appareil et
tout recommencer plutôt que d'essayer de corriger. Dans tous les cas, l'écran
est réservé à des yeux de lynx et ne peut être visible qu’en plein soleil. Dans
l’obscurité, il faut passer en mode rétro-éclairage, qui allume l’écran
tellement fort qu’on est ébloui et que les piles sont usées au bout de trois
minutes. Quand l'appareil est censé se synchroniser (mettre ses informations à
niveau) avec votre PC de bureau, alors vous multipliez par deux les
sources d'emmerdements. Très récemment, il s'est adjugé en plus les fonctions
d'un téléphone mobile. Alors, vous triplez les sources d’emmerdements.
Personal digital assistant ou assistant digital personnel
qui n’ose pas s’appeler PC de poche
parce qu’on ne dit pas qu’une montre est une horloge portable. Sauf Sacha
Guitry qui, coincé dans l’escalier de son immeuble par des déménageurs portant
une grosse horloge, leur lance : « Vous ne pourriez pas porter une
montre, comme tout le monde ? »
Adjectif
employé généralement avec les noms communs instituteur, curé ou site.
Il
existe des groupes de policiers anti-pédophiles, qui sont d'anciens CRS
sado-maso reconvertis : ce sont les seuls à pouvoir surfer sur les sites de cul
sans se faire attraper, tout en se mettant des tutus autour de la taille pour
piéger les pervers branchés sur leur webcam.
Exemple
type d'oxymore. Comme si la
pensée pouvait être unique ! La seule chose qui soit unique, c’est la
façon uniforme (au garde-à-vous) dont les médias traitent l’information.
En
sport :
suspectes, parce que tout le monde se dope, sauf les commentateurs mais ils
devraient.
En
économie :
pour une entreprise, qualifie exclusivement les résultats financiers, le reste
(salariés, produits, valeur ajoutée..) tout le monde s'en fout. Pour un pays :
exclusivement réservées aux zones à bas salaires.
En
technologie :
synonyme de rapport qualité-prix. Si votre produit a une excellente
qualité et un tout petit prix, ce n'est pas possible. Si votre produit a une
qualité moyenne et un prix ridicule, il peut être leader en performances.
Celles-ci sont mesurées par des laboratoires d'essais scientifiques qui
classent tous les produits dans des catégories suffisamment nombreuses pour que
chacun puisse être primé et avec des méthodologies suffisamment nébuleuses pour
que personne ne puisse les critiquer.
Gourou
américain du management et de la communication. Comme il est né au début du 20e
siècle, il a pu successivement tout prédire : vive les gros, vive les petits,
vive l'entreprise hiérarchique, en réseau, étendue, virtuelle, etc. Auteur de
cet impérissable apophtegme qui a mis la communication sur orbite: « S'il y
a un bruit dans la forêt et qu'il n'y a personne dans la forêt, il n'y a pas de
bruit. » Depuis, il y a beaucoup de monde qui fait du bruit dans la forêt
et plus personne ailleurs!
Source essentielle des procès et, donc, des revenus des
avocats.
Si quelqu’un a eu une idée avant vous, accusez-le de
piratage. Il faudra qu’il prouve qu’il
ne vous a pas copié et çà va l’occuper pendant un moment. Pendant qu’il se
démène avec ses avocats, essayez de le racheter ou, au minimum, piquez-lui ses
clients.
Plus généralement, tout acte consistant à distribuer
généreusement des concurrents gratuits
et fonctionnels de biens ou services mal foutus vendus très cher par ailleurs
est immédiatement taxé, si l’on peut dire, de piratage. Dans les rares cas où
il s’agit de vrais pirates, par exemple sur internet, on ne les trouve pas car
ils sont beaucoup plus rapides que leurs poursuivants à savoir se perdre dans
les méandres de la Toile.
Voir Hacker.
Petit
miracle économique ; ce sigle désigne les petites entreprises qui sont obligées
de créer autant d'emplois que les grandes n'en suppriment ; si elles n'y
parviennent pas, alors on les passe aux 35 heures et à l'euro en même
temps.
Un concept issu
de la pensée
unique.
L’expression décrit surtout l'évolution du traitement
d'un sujet dans les médias.
Le politiquement correct est la paraphrase ampoulée de
ce qui est une simple banalité, un lieu commun, un tropisme, voire une tautologie;
à l'inverse, tout sujet inhabituel ou exceptionnel passe d'abord par une phase
de politiquement incorrect, en général ignorée des médias ; ensuite, quand tout
le monde en parle, ces derniers s'en emparent. A partir de là, le sujet
n'intéresse plus personne et, donc, il devient politiquement correct.
Exemple : aujourd'hui quand on
dit « cigare », plus personne ne pense à « Clinton » ; quand on
dit « start up », plus personne ne pense « miracle ».
Type
particulier de site internet fourre-tout, nécessitant de gros
investissements, dirigé par de très jeunes managers et perdant obligatoirement
beaucoup d'argent. Une sacré bande de gonds.
Le
concept et le mot étaient pourtant bien trouvés : le portail était censé
être une majestueuse porte d'entrée ouvrant sur un joli parc à la française de
l'information et du loisir, rempli de petites folies divertissantes et de
plantes grasses. Hélas, il s'est ouvert sur une jungle dans laquelle il n'y
avait même pas Tarzan… Quoi ? Bon,
d'accord, il y a plein de Jane à poil…
Pot
belge
Ce
n'est pas une blague : produit dopant (amphétamine plus cocaïne) constituant le
petit déjeuner habituel des coureurs cyclistes de toutes nationalités.
Hélas,
c'est seulement maintenant qu'on comprend l'origine de l'expression « il n'a
pas de pot » pour désigner un sportif qui ne gagne pas, qu'il soit de
Belgique ou d'ailleurs.
On
soupçonne que les programmeurs fonctionnent comme les coureurs cyclistes,
sachant que quel que soit le vainqueur d'étape, le gagnant final s'appelle
toujours Microsoft.
Pas
piqué des (h)annetons ; se dit de moins en moins.
Egalement
:
ancienne vedette de la télé, remplacée récemment dans le cœur des Français par
Loana, l'héroïne de Loft Story, parce qu'elle a plus de cheveux et que tout le
monde l'a vu à poil sur internet, elle. Inclus dans ce dictionnaire uniquement
pour ne pas le confondre avec PDA.
Voir
Télé poubelle.
Mot
bizarre d'origine anglo-saxonne. Il serait une contraction de «
professionnel » et « réactif ». Ce qui sous-entendrait qu'il y a des
pros mous, ce n'est pas très rassurant. On est proactif quand on décide de
prendre les choses en main, merde quoi, y'en a marre de se faire avoir !
Un
temps très à la mode dans le monde des affaires, notamment celui des NTIC,
cet adjectif est aujourd'hui employé avec parcimonie, car on a vite compris
qu'aucune entreprise n'a besoin d'être proactive à moins d'avoir un vrai
problème à résoudre, ce qui est mal vu des analystes.
Certains cabinets
d’études de la high tech,
se rendant compte du nombre de fois où
ils s’étaient plantés dans leurs prévisions, ont introduit la notion
extraordinaire de probabilité « plus ou moins probable » . Ils
vous diront : le scénario X a 7 chances sur 10 de réaliser tandis
que le Y, lui, n’a que 2,5 chances. Au fait, vous connaissez la vraie règle de
probabilité ? C’est celle de la tartine de beurre, telle qu’un polytechnicien
me l’a expliqué e: « Plus le tapis est rembourré, plus la tartine
tombe du côté beurré.» Du gras qui chute sur un vieux lino tâché, tout le
monde s’en fout, donc çà n’arrive jamais. C’est ce que les scientifiques
appellent l’environnement « accidentogène » : pour qu’un
événement ait une chance d’avoir des conséquences fâcheuses, il faut qu’il y
ait un contexte favorable à la calamité. Fabriquer et utiliser de la high tech,
de l’internet, des télécoms sont des activités extrêmement
« accidentogènes ». Dès le départ, l’informatique est trop bizarre.
Comment voulez-vous qu’elle produise des trucs qui marchent au zéro
défaut? Il n’y a rien de plus difficile que de simplifier la complexité.
Résultat : c’est toujours quand vous terminez une note urgente à votre
patron que votre PC tombe en rideau. C’est quand vous êtes aux toilettes que
votre portable sonne ! L’économie, c’est pareil. Un orage ne fait pas
l’inondation sauf si la nappe est frénétique. On ne meurt pas d’une chute de
tension, sauf si on coupe le courant. Si on arrête tous de bosser en pensant
qu’il n’y aura bientôt plus de travail, on est sûr d’être au chômage. Alors,
c’est simple, pour que la reprise aie bien lieu, il faut les conditions
suivantes : beau temps, bonne humeur, bonne santé. Si on est tous zen,
y’aura pas de crise ! Allez, on sourit !... Eh, vous, là- bas !
J’en vois qui ne sourient pas : méfiez-vous, c’est sur vous que çà va
tomber !
Magistrat
qui lit le droit à gauche si le gouvernement est de gauche. A l'inverse, sous
un gouvernement de droite, le procureur devient gauche. Dans les deux cas, un
homme politique doit toujours avoir sous la main un procureur de rechange (on
dit « impartial » ou « compétent »), qui puisse dire le contraire
d'un autre (qualifié de « politisé »). Tout cela amuse beaucoup les
Français, tant qu'ils ne sont pas directement concernés. Aux Etats-Unis, il n'y
a pas de procureur, il n'y a que des juges et on en trouve autant qu'on veut
pour leur faire dire ce qu'on veut. Il suffit de financer leur campagne
électorale. Microsoft est un bon employeur de juges.
Message
trimestriel du président d'une entreprise cotée qui n'a plus la cote et qui
prévient qu'il va bientôt annoncer des prévisions de prévisions de résultats
qui ne seront pas forcément ceux qu’on attend.
Littéralement
: « Regardez les petits gars, y vont être beaux mes bénéfices ! ».
En
fait, bizarrement traduit par le marché par : « Ouh là là, c'est pas normal
ce truc-là, çà sent les pertes ! »
Dans
l'analyse technique boursière moderne, un profit warning précède
toujours une chute du cours de l'action mais celle-ci peut aussi avoir lieu
sans celui-là, c'est plus drôle.
Un
profit warning qui annoncerait des résultats supérieurs aux prévisions est un
tricheur et il est exclu du jeu, sauf Microsoft qui est hors jeu depuis
longtemps mais qui a quand même le droit de continuer à jouer, c'est une
particularité de la législation américaine.
Sexuel
: quand
une fille dit « ce gars-là, c'est un profit warning ! » çà veut sans
doute dire qu'elle a été déçue.
Personnage
douteux qui fait semblant de travailler dans la pub, ce qui lui laisse le temps
d'écrire des bouquins pour critiquer la pub.
En
général, on entre dans la pub par dépit, quand on n'a pas réussi à être
journaliste ni marketeur. Le processus de sélection est le suivant : si vous
avez quelques idées mais que vous ne savez pas écrire, vous pouvez être
marketeur ; si vous n'avez pas beaucoup d'idées et que vous savez juste un peu
écrire, journaliste ; si vous n'avez pas d'idées du tout et que vous ne savez
pas écrire plus de deux phrases, vous voici pubard. En effet, nous sommes en
mesure de révéler cet incroyable scoop : si dans une pub, il n'y a jamais plus
de deux phrases, ce n'est pas parce que le public ne peut pas en lire plus,
c'est parce que les pubards ne savent pas en écrire davantage.
Exemple
: la pub de Siemens Mobile dit « Soyez inspirés :» On dirait que çà
s'adresse aux gens de la pub ! Eh bien, c'est vrai ! En fait, c'était un message du patron de
l'agence à ses créatifs chargés du budget Siemens et ils ont cru que c'était le
slogan définitif.
Ca
rappelle l'histoire que raconte Séguéla : pourquoi l'armée américaine
s'est-elle soudain déployée sur toutes ses frontières dans les années 50 ?
Parce que le patron de la CIA avait corrigé à la main une note mal tapée en
écrivant: « Attention aux marges ! » (en anglais border, qui veut
dire aussi frontière)…
Jean
Cocteau, par exemple, n'aurait jamais pu faire de la pub, il avait des idées
vraiment trop géniales : « Qu'emporteriez-vous si votre maison brûlait
? lui demanda-t-on un jour. - Le
feu, répondit-il. » Allez, faites-moi une pub là-dessus !
Imaginez
le processus : le directeur marketing d’un fabricant high tech
MachinTrucBidule.com explique son produit à son agence de pub, par exemple un
matériel qui se connecte en direct et en une seule fois. Comme il n’est pas un
technicien d’origine, il ne fait que répéter des mots qu’il a entendus dans son
labo et les mixe avec son jargon. Bien sûr, l’homme de la pub n’a fait qu’un an
de fac de lettres et ce jour-là, il a mal au ventre. Résultat, il crée une pub
qui vous dira : « MachinTrucBidule, c’est un direct au
foie ! » Le pire, c’est que la pub fait un malheur! (C’est-à-dire
qu’on n’en vend pas un seul, des bidules, mais on s’en fout, la création est
primée dans Stratégies.)
Rien
à voir ave la pub : c'est un muscle redécouvert récemment dans les magazines
masculins.
Pour
l'homme, son entraînement peut se faire discrètement au bureau. Contractez et
relâchez régulièrement l'anus comme pour une envie de pisser, en bloquant les
abdominaux tout en consultant vos e-mail. Au bout de quelques exercices,
il paraît que l’on peut mieux contrôler ses orgasmes multiples.
On
attend avec impatience la réponse des magazines féminins sur l'utilité de
ceux-ci.
L'équivalent
informatique est l'index ou le majeur, bref le doigt appuyé sur la souris, qui
clique là où il faut et qui déclenche des feux d'artifices de pages web
s'affichant dans tous les sens, comme un orgasme virtuel.
Banlieue
remplie de parkings extérieurs quasiment vides où les seules voitures visibles
sont déjà brûlées. On la réaménage avec des HLM à digicode réservé aux faux
électeurs et avec des cybercafés.
Voir
Jeunes des quartiers.
Sexuel
: fin
de l'adultère.
En
matière d'emploi : tout ce qui commence par « re » ne laisse rien présager de bon : redéfinir,
restructurer, réaligner… Exemple : « On va se recentrer sur
cette activité pour y mobiliser notre savoir-faire » veut dire en fait «
On est passé à côté d'une belle opportunité et il va falloir licencier la
moitié de nos effectifs. »
Voir
Art, Jésus, Microsoft.
Toujours
lié à conjoncture. Quand la conjoncture se retourne, c'est qu'elle
n'évolue pas comme l'avaient prévu les analystes. Cela arrive souvent.
Résultat : si vous continuez comme si de rien n'était, vous l'avez dans le dos.
Dans le business, comme en politique, on ne retourne pas sa veste, on change de
stratégie.
Random
Access Memory.
En
français :
mémoire de l'ordinateur à accès totalement aléatoire.
En
informatique, les informations sont stockées au petit bonheur la chance dans un
endroit reculé de l’ordinateur, la RAM. Quand elle est saturée, elle rame. D'où
son nom. Quand elle est mobile, on l'appelle ROM.
En
fait, ce n'est pas vrai. ROM, çà veut dire Read Only Memory, la mémoire qu'on
peut seulement lire, on ne peut pas écrire dedans. Alors qui a écrit la
première fois ce qu'on peut y lire, je vous le demande ? (Réponse : Microsoft,
évidemment !)
L'un
des plus gros intérêt d'internet, c'est le nombre de petites histoires drôles
qui y circulent et qu'on se transmet ensuite d'e-mail en e-mail. Celui qui ne
sait pas meubler la conversation grâce à ce qu'il a pu pioché dans la journée
sur le web ou dans ses e-mail, vaut mieux pas le fréquenter, celui-là, c'est
pas un marrant.
Voici,
à titre d'illustration, la recette de cuisine qui contribua fortement au succès
du journal Micro Hebdo, spécialisé, comme vous allez le constater, dans le
conseil pratique à l’utilisateur de micro et d’internet :
-
Acheter une dinde d'environ 5kg pour 6 personnes et une bouteille de whisky ;
prévoir du sel, du poivre, de l'huile d'olive, des bardes de lard.
-
La barder de lard, la ficeler, la saler, la poivrer et ajouter un filet d'huile
d'olive.
-
Préchauffer le four thermostat 7 pendant 10 minutes.
-
Se verser un verre de whisky pendant ce temps-là.
-
Mettre la dinde au four dans un plat à cuisson.
-
Se verser 2 verres de whisky et les boire.
-
Mettre le therpostat à 8 après 20 binutes pour la saisir.
-
Se bercer 3 verres de whisky. Les voire.
-
Après environ une debi-beurre , fourrer l'ouvrir et surbeiller le buisson de la
pinde.
-
Brendre la vouteille de biscuit et s'enfiler une bonne rasade derrière la
bravate - non - la cravate.
-
Après une demi-heure de blus, tituber jusqu'au bour. Oubrir la putain de borte
du bour et reburner - non - revourner, enfin bref, mettre la guinde dans
l'autre sens.
-
Se pruler la main avec la putain de borte du bour en la refermant - bordel de
merde !
-
Essayer de s'asseoir sur une butain de chaise et se reverdir 5 ou 6 wizky de
verre, ou le gontraire, je sais blus.
- Buire - non -
luire - non - cuire - non - ah ben si - cuire la bringue bandant 4
heures.
-
Et hop, 5 berres de plus. Ca fait du bien par où ça passe.
-
R'tirer le four de la dinde.
-
Se rebercer une bonne goulée de grisby.
-
Essayer de sortir le bour de la saloperie de pinde de nouveau parce que ça a
raté la bremière fois
-
Rabasser la dinde (l'est tombée bar terre). L'ettuyer avec une saleté de fichon
et la voutre sur un blat… sur un clat…
sur une assiette.
-
Se béter la gueule à cause du gras sur le barrelage de la buisine. Ne pas
essayer de se relever.
-
Déciver qu'on est bien par derre et binir la mouteille de rhisky.
-
Plus tard, ramber jusqu'au lit, dorbir ze gui reste de la nuit.
-
Le lendemain matin, prendre un alkaseltzer, manger la dinde froide avec de la
mayonnaise, et nettoyer le bordel que tu as mis dans la cuisine. Durée : une
bonne journée.
En
business comme en politique: quand ils sont bons, c'est grâce aux efforts du
management (du gouvernement) ; quand ils sont mauvais, c'est à cause de la conjoncture.
Epelez-le bien distinctement. C’est le ratio roi de la
finance. Return on investment ou retour sur investissement. Si je mets tant là,
çà me rapporte combien et quand ? Une vieille habitude de commerçant, en
quelque sorte. En high tech, c’est plutôt un retour façon boomerang. D’une manière
générale, quand vous investissez maintenant, c’est pour que çà vous rapporte
plus tard. L’un des grands problèmes de l’informatique est qu’on n’a jamais pu
mesurer son ROI : plus vous dépensez, plus vous êtres obligés de continuer
à le faire, semble être la seule loi valable, ne serait-ce que parce qu’il faut
bien continuer à payer les informaticiens que vous avez embauchés. Combien çà
vous rapporte ? Ca, personne ne peut vous le dire. En général, les consultants se contentent d’affirmer que si vous n’aviez pas fait ces
dépenses, vous iriez encore plus mal. Il existe de nombreuses règles sur le ROI
des technologies de l’information, souvent issues de la littérature américaine
(c’est normal c’est elle qui a inventé
les deux concepts). Par exemple : Windows réduit vos coûts d’achats de
logiciels car il occupe tout votre espace disque, vous n’avez donc plus de
place pour y installer d’autres programmes. Par ailleurs, le ROI a été décapité
par la net
économie, mais il s’est bien vengé.
Quand
votre actionnaire est particulièrement satisfait des résultats de
votre filiale, méfiez-vous, c'est qu'il est en train de la vendre! Il n'a en
effet aucune raison d'être content de vous, puisque vous passez votre temps à
lui demander de ne pas vous piquer votre argent pour que vous puissiez
continuer à vous développer. Lui, il pense que la seule chose à développer, ce
sont ses dividendes.
Avant,
dans les années 70, le sexe, c'était super : il y avait la pilule et la liberté
; puis, dans les années 80, il dut se faire « safe » à cause du sida ;
pour s'en sortir, il devint cyber, lié à internet. Au début du 21e
siècle, c'est bizarre, on n'en parle plus parce que les gens n’ont pas le
temps : ils sont vissés sur les sites de cul. Ah, si, on en parle encore
dans quelques livres féminins totalement incompréhensibles pour les hommes.
Faux
ami : en anglais, « to have sex » ne veut pas dire « avoir un
sexe ».
Une entreprise ne fabrique plus de produits et ne vend plus de services : elle propose des solutions. On ne vous offre plus un logiciel de gestion mais une solution qui va planifier vos ressources. Un matériel réseau est une plateforme, un ordinateur un serveur, un site web un portail, un ensemble de logiciels une suite bureautique, etc. Un garagiste ne répare plus votre voiture pourrie : il vous propose une autre solution (une voiture d'une autre marque). Un opérateur GSM ne résilie jamais votre forfait parce qu'il a toujours une autre solution à vous proposer à laquelle nous finissez par souscrire de guerre lasse après avoir perdu une heure au téléphone à essayer de lui expliquer votre cas et que cette heure vous a fait dépasser votre forfait. Bientôt Mac Donald ne fabriquera plus de hamburgers mais vous proposera… des solutions alimentaires, mon cher Watson ! L’économie moderne n’est plus un système d’échanges, c’est la solution finale à tous vos problèmes.
Mot
d'origine anglo-saxonne qui ne veut rien dire, même en anglais. Peut-être
quelque chose comme : plouf ! Ou bien : splash! Il évoque le bourrage
des boîtes à lettres électroniques. Avant, on se pâmait devant un e-mail
tellement c'était beau et rare; aujourd'hui votre e-mail est spammé,
inondé de prospectus comme une vraie boîte à lettres du monde réel, et on y
perd son âme. Et ça rame, ma pauvre dame.
Voir
: Marketing permissif.
Société
de service et d'ingénierie informatique. Ne se prononce pas : S-S-
hi hi ! ce qui pourrait être mal interprété mais, à l’américaine, S-S-2-I.
Equivalent,
dans l'informatique, du service après-vente Darty, sauf que c'est pas Darty,
c'est pire.
Les
entreprises qui ont acheté des ordinateurs et des programmes ont besoin à tout
moment des SSII pour réparer les bugs des fabricants. Celles-ci
débarquent alors dans l'entreprise, modifient tout et malheureusement,
commettent aussi des erreurs dans leurs réparations.
Dans
ce cas, il n'y a plus qu'une seule solution : appeler le Nettoyeur. Son nom est SAP, fournisseur universel qui
remplace à lui seul toutes les solutions des SSII, à condition de changer tous
vos matériels et logiciels.
Mais
il y a aussi des bugs chez SAP. L'entreprise utilisatrice appelle alors une
SSII spécialisée, très chère, qui répare du SAP… C'est ainsi qu'augmentent
chaque année les budgets informatiques des entreprises, les bénéfices de SAP et
des SSII et la grogne des utilisateurs finals.
Soufflé
au fromage raté dans les pays qui n'ont pas de fromage et qui voulaient une
part du gâteau.
La
start up, c’est l’entreprise qui se crée sur une idée qu’elle croît originale
mais c’est rarement le cas. A la grande époque de la folie internet, il y a eu
ainsi plein de start up qui ont eu la même idée au même moment. Et, en plus,
l’idée en question n’intéressait personne.
Les
start up cherchaient à devenir des grown up (littéralement : aurait
pu croître, si les poules avaient des dents) mais ont fini en général en start
down (littéralement : tu démarres comme tu veux, mais de toute façons tu
te casses la gueule).
On
peut les regretter, ces start up, car elles ont quand même sacrément remué
l'économie de papa et il en restera bien quelque chose. Des adeptes de Jean
Giono en quelque sorte : « Tu veux de la place au soleil : alors fais du
soleil au lieu de chercher à faire de la place. »
Moi,
je les aimais bien, tous ces petits gars au regard clair qui avaient autant
d'idées dans leur tête que de fautes d'orthographe dans leurs dossiers. Ils
vont me manquer.
Elle
n'est jamais perdante, mais elle peut connaître des aléas dus à un retournement,
toujours imprévisible, de la conjoncture. Aujourd'hui, tout est
stratégique, même la tactique. Par exemple, à une époque, Jacques Chirac a cru
qu'acheter des billets d'avion en liquide était un bon moyen d'utiliser son bas
de laine. Erreur stratégique ! C'est devenu une affaire d'Etat. En business, la
stratégie permet d'habiller tous les coups tordus.
Chez
les grands hommes, un objectif stratégique cache souvent un complexe
d'infériorité intellectuel ou un manque d'amour de la part de sa maman.
Commentaire
: Le
capitalisme (ou encore la guerre, la révolution, l'amour, l'Olympique de
Marseille), c'est simple comme Tapie : « Quand çà marche, c'est grâce à moi
; quand çà ne marche pas, c'est à cause de toi. » Un coup je t'embauche,
t'es beau, un coup je t'embrouille, t'es nouille.
La
stratégie des grands groupes ressemble à un régime alimentaire: d'abord ils
engraissent en licenciant leurs produits puis, quand la conjoncture disjoncte,
ils dégraissent en licenciant leur personnel. Un régime à courte vue qui ne
résout pas les problèmes de fond. « Il est difficile à un poisson de voir
son propre aquarium » disait André Malraux, pour rester poli. Le proverbe
berbère, lui, est beaucoup plus direct: « Quand la neige fondra, la merde
apparaîtra ».
Depuis
Lao-Tseu et Clausewitz, on aurait pu pensé que la stratégie - militaire ou
économique c'est pareil - avait fait des progrès. Hélas, il faut se rendre à
l'évidence : aujourd'hui, plus l'objectif est rustique, plus il est populaire.
L'idée ? Etre plus gros que le voisin ! Fallait quand même y penser ! C'est
simple : chacun veut être numéro un mondial sur un créneau porteur (on dit «
non cyclique ») et rapporteur de grosses marges (on dit « créateur de
valeur »). La grenouille aspire au bœuf, le bœuf au dinosaure et le
dinosaure croit que la comète ne tombera pas sur lui mais sur les petits
copains d'à côté. Donc je vends un peu, j'achète beaucoup, je m'endette mais
c'est pas grave, je grossis jusqu'à ce que je puisse enfin déclarer aux analystes
ébahis : ça y est, je suis numéro un ! Si, en plus, je peux annoncer un bon
plan de licenciements (pardon, de synergies), ça fera monter la bourse.
Au
passage, méfiez-vous des créneaux trop petits car, comme dit le proverbe : «
Quand on travaille dans une niche, il ne faut pas s'étonner d'être traité comme
des chiens. »
Enfler,
voilà donc la règle de nos stratèges modernes. Empiler les chiffres d'affaires,
les clients, les pays. Rafler les catalogues, les technologies, les
savoir-faire. Peu importe qu'il n'y ait aucune vision derrière tout çà,
l'important c'est la masse. C'est l'effet sumo. Comme je suis plus gros que
toi, je te pousse en-dehors du jeu avec mon gros ventre. Je suis forcément le
meilleur puisque je suis numéro un. Je ne sais pas qui je suis mais quelle
importance puisque je suis numéro un. Je n'ai rien à dire mais j'ai tous les
droits de le dire puisque je suis numéro un. Je ne sais rien de la vie, de
l'histoire, des hommes et de leurs cultures mais je m'en fous, je suis...
Feraient mieux de relire Lao-Tseu, tous ces bouddhas
de pacotille : « Celui qui a inventé le bateau a aussi inventé le naufrage.
»
Voir
J2M.
Hier : capitalisme ou
exploitation de l’homme par le capital.
Aujourd’hui : Windows, logiciel de
base de l’ordinateur, ou exploitation de la machine par l’homme et de l’homme
par Microsoft.
L'impossible
trinité (amante, mère, travailleuse) ; cause principale des divorces chez les
urbains (à la campagne, on n'est pas fou, chacun sa place).
La
première femme d'un PDG ou d'un chef d'état est toujours une superwoman. La
deuxième, beaucoup plus jeune, un ancien mannequin.
Dans les entreprises, synonyme d'abord de «
réduction des coûts » puis de « licenciements ».
Exemple
: « Nous allons développer les synergies entre nos filiales » signifie en fait «
Nous allons supprimer des effectifs dans tous les services redondants ».
En
politique, précède de peu la rupture.
Commentaire
: quel
joli mot pourtant que synergie ! Littéralement : coopération. Je
coopère, tu coopères, tout le monde entre en synergie et l'entreprise ne s'en
porte que mieux ! Belle théorie n'est-ce-pas ? Dans la réalité, c'est terrible
de voir comment ce mot a été dévoyé par les gestionnaires et les financiers qui
en ont fait le porte-flambeau de toutes leurs opérations de restriction
budgétaire. Plus la synergie est forte, plus les licenciements sont nombreux.
Dès que vous entendez parler de synergie, allez vite, de vous-même, voir
ailleurs s'il fait beau. Sinon, vous irez quand même, mais forcé et il pleuvra
peut-être ce jour-là.
Très
à la mode en communication et en littérature: une sorte d’apologie du
truisme. Quand vous répétez plusieurs fois la même chose, soit vous êtes bègue
ou obstiné, soit vous aimez la tautologie. « Un sou est un sou »,
« les affaires sont les affaires » sont des exemples célèbres de cet
effet de répétition qui tente de donner du sens à une banalité. Ce vice logique
est couramment employé dans la high tech quand elle ne sait plus quoi
dire, ce qui lui arrive souvent. Par exemple, dans cette annonce de
recrutement: « Vous avez toute votre place dans notre société ».
Effectivement, pour embaucher quelqu’un, il vaut mieux lui dire qu’on a besoin
de lui. Ou encore dans cette pub pour un logiciel: « Pas la peine de
parler de notre logiciel. » Mais on en va en parler quand même, n’est-ce
pas ? On essaye aussi de masquer la réalité avec d’autres mots : mon
ordinateur est un serveur, s’il vous plaît, mon matériel une plateforme,
mon site un portail évidemment, mon logiciel une suite (il y a
toujours une suite dans un logiciel, c’est la version d’après, celle qui est
annoncée quand vous installez la vôtre). Roland Barthe, cet auteur célèbre que
personne n’a lu, affirmait que la tautologie est une sorte de refus de penser,
quelque chose comme l’antichambre d’un poujadisme récurrent. Pour Jean-Claude
Bologne*, en outre, elle s’expose d’elle-même à un retour de bâton : à
tautologue, tautologue et demi. Si noir c’est noir, alors blanc c’est blanc.
Moyennant quoi, on n’arrivera jamais à se mettre d’accord. La tautologie n’est
que la tautologie : une impasse. Pas question d’en faire un totem. Le
problème, c’est que quelques grands écrivains lui ont donné ses lettres de
noblesse : le « parce que c’était lui, parce que c’était moi »
de Montaigne parlant de son amitié avec La Boétie nous a toujours ébahi et fut
souvent imité, n’est-ce-pas ? Et que dire de Mitterrand, impérial avec son
« laisser le temps au temps » emprunté à Cervantès. On crut donc, avec
de telles références, qu’on pouvait s’en donner à cœur joie. Le résultat est
triste comme la chair, hélas : la pensée unique et le politiquement
correct qui sous-tendent désormais toute communication sont les avatars de
la tautologie reine. Appliqué à la pub, cela donnerait un message du
genre : « Achetez mon produit, pas celui de mon concurrent
Bidule ! » Pourquoi ? « Parce que lui c’est lui et moi,
c’est moi ! » Convaincant, non ?
* « Les
allusions littéraires », Larousse.
Toujours
plurielles, jamais basses ni anciennes.
Est
technologique tout ce qui utilise l'ordinateur, s'appuie sur un jargon
incompréhensible, ne fournit pas le résultat escompté et se retrouve dans les
médias à longueur de colonne.
Exemples
: les
raves parties, les clones, les décisions du conseil constitutionnel, etc.
Les
linguistes distingués déplorent l'abus par les médias de l'usage de ce mot
(littéralement : discours sur la technique) à la place de techniques.
Ils ont tort, pour deux raisons. D'abord si l'on disait « les hautes techniques », cela ferait
rigoler tout le monde. Ensuite, dans un monde dirigé par la communication,
l'objet n'existe pas sans son discours (voir Peter Drucker). Exemple :
si personne ne parlait des linguistes, ils n'existeraient pas.
Et,
surtout, la technologie, çà ne marche pas dans le même sens que la science ;
comme dit Michel Serres : « La science, c'est ce que le père apprend à son
fils ; la technologie, c'est ce que le fils apprend à son père. » Et çà,
c'est vraiment embêtant : à qui appartiendra le futur ?
Emission
que tout le monde regarde au lieu de faire le tri sélectif des ordures.
Exemple
: Loft
Story.
En
high tech, dire : « La convergence n'aboutira qu'à de l'internet
poubelle. »
Si
on est obligé de spécifier qu'une émission est réelle, ça prouve à quel point
les autres sont irréelles.
Download en anglais. Tout ce qu’on peut récupérer en se connectant sur internet : des logiciels, de la musique, des photos, des vidéos. Le monde moderne n’est plus que du téléchargement
Dommage!
C'était une belle idée. Aujourd’hui, elle rend les téléspectateurs passifs
devant la bêtise. Demain, quand elle sera interactive, ils pourront participer
à la bêtise. On a vu ce que çà donnait avec internet.
Nom
familier du world wide web (littéralement : toile d’araignée
mondiale). L'expression « on se fait une toile ? » qui voulait dire
auparavant « on va au cinoche ? » signifie aujourd'hui pour les hackers
« quel est le putain de site qu'on va pirater aujourd'hui ? ».
En
mode, les modèles se suivent et se ressemblent : par exemple, Laetitia Casta
est un clone jeune et joufflue de Claudia Schiffer. En management, c'est plus
gore : chaque nouveau top modèle doit évincer son prédécesseur en le
démolissant. Ainsi fit l'entreprise en réseau et par ligne d'activités qui
saqua l'usine de papa. Mais attention : tandis que la Schiffer soigne chez
L'Oréal ses rides naissantes et n'a sans doute pas l'intention de revenir se
déhancher dans les défilés, un vieux modèle de management qu'on croyait mort
peut renaître de ses cendres ! Par exemple : l'entreprise symbole de la
modernité digitale, celle qui a body-buildé les stock options et le zéro stock,
l'internet et l'international et tutti quanti, décide d'un coup de revenir aux
bons vieux modèles d'antan : eh oui, un beau jour, Cisco abandonne sa structure
par business et se réorganise par…ligne de produits Mais où vont-ils chercher
tant d'audace?...
Donc,
la vie technologique ne serait, elle aussi, qu'un éternel recommencement ?
D'ici à ce qu'IBM nous annonce un gros mainframe pour remplacer nos PC,
qu'un fils tardif de Gutemberg nous crée un objet bizarre qu'on appellerait le
livre, que la voiture à cheval remplace le TGV, Clovis José Bové et la caverne
le HLM…. Si cela advient, alors, on pourra enfin répondre à l'éternelle
question des scientifiques : oui, l'univers régresse et plus on évolue, plus on
revient en arrière, vers le Big Bang qui nous a créé et va bientôt nous
ingérer. Un peu comme l'euro qui réinvente le centime. Ce qui est fabuleux chez
Cisco, c'est son pragmatisme : « Nos lignes de business nous ont bien aidé à
multiplier par quatre nos revenus ; comme ce n'est plus possible, on revient au
modèle d'avant ! » Evidemment, au passage, on change les responsables. Je
te prends, je te jette, je te reprends. Tout est recyclé, les hommes, l'argent,
les idées. Une seule chose est permanente : la bouffonnerie de ce monde
cynique. Ce n'est plus un monde virtuel, c'est un monde temporaire. Tout ce à
quoi vous croyez de nouveau n'est que la reprise de ce que vous avez jeté hier.
Un conseil, lisez la Bible, je sens qu'elle va remplacer Peter Drucker
(oui, oui, il est plus jeune que la Bible) ! Déjà, à l'époque, on aurait dû se
méfier : le Nouveau Testament avait piqué plein d'idées à l'Ancien !
Un
mot exécrable en économie, surtout associé à dents de scie : « Nous sommes
en phase de transition vers notre nouveau produit, d'où nos résultats en dents
de scie » signifie en fait « Nos clients n'aiment pas ce produit et on
va probablement louper nos objectifs. »
Dans le monde moderne de
la techno-éco, on ne travaille plus, c’est mal vu, on est plutôt payé pour
apprendre à apprendre. Les sociologues, qui ne veulent jamais être en retard
d’un concept (ce serait la négation de
leur existence) estiment qu’il n’y a plus de différence entre être au travail
et être en formation. Comme les technologies changent tout le temps, on est
effectivement obligé de passer en permanence d’une version à une autre. Mais,
plus généralement, nous avons changé de relations au travail. Ainsi, n’essayez
surtout pas d’embaucher des jeunes diplômés en leur vantant l’organigramme de
votre société, en leur parlant de
hiérarchie, de carrière et d’adhésion à un projet d’entreprise. Si vous le
faites, quelle erreur ! Voici en revanche comment agir (toutes les expressions
suivantes sont tirées d’un manuel de sociologie): « Il faut leur
expliquer en souriant que votre entreprise est un environnement complexe et
flexible dans lequel chacun peut faire valoir son implication et s’exprimer
selon un mode initiative-réaction qui vise avant tout une cohésion du corps
social à travers un fonctionnement en réseau d’influences. Votre credo, ce fameux mix de savoir-faire et de savoir-être,
leur garantit que chez vous la flexibilité est contrebalancée par la richesse
de la polyvalence au poste de travail et qu’elle n’est jamais mise en œuvre au
détriment du relationnel. Dites-leur que même s’ils sont polytechniciens,
Harvard, et tutti quanti, ce n’est pas grave, ce qui compte avant tout, c’est
leur extraordinaire personnalité. Certes, pour eux, la charge de travail
psychique sera forte, certes on passe peut-être d’une obligation de moyens à
une obligation de résultats, mais ce n’est pas pour autant qu’on ne les aime
pas. On a bien compris qu’ils étaient à la recherche à la fois de sens et
d’argent et c’est normal. » Fin du discours des sociologues.
Pas de doute, si on leur
parle comme cela, les jeunes comprennent tout de suite et signent
enthousiastes. Ensuite, ce que vous pouvez en faire une fois qu’ils sont chez
vous, alors çà, c’est un autre problème!
Universal
Mobile Telecommunication System. On peut traduire par : « Flop universel du siècle. »
Cette
norme fameuse devait vous permettre de ne plus ramer quand vous essayez de vous
connecter sur internet via votre téléphone mobile, ce qui est quand même une
drôle d'idée, avouez-le ! Le problème pour les opérateurs, c'est qu'ils doivent
dépenser des milliards pour acheter les fréquences et pour installer les
infrastructures. En plus, la technique en question a des ratés, on n'est pas
sûr du tout qu'elle fonctionne ! Et, attendez, ce n'est pas tout, vous allez
rigoler, on ne sait pas très bien ce que les gens vont faire avec ce téléphone
haut débit : personne, apparemment, ne s'est pas posé la question de savoir
s'ils en avaient besoin. Drôle, non ?... Non, ce n'est pas drôle parce qu'on
dépense des milliards dans ces conneries, alors qu'on aurait peut-être pu mieux
les utiliser !
Personne
normalement constituée, quoi qu'en disent les informaticiens. En bout de chaîne
informatique, l'utilisateur final s'énerve devant son écran bloqué et attend
depuis deux jours une intervention de la hot-line. C'est un peu comme
l'usager de la SNCF face à l'affichage des horaires de trains.
Quand on ne sait pas comment valoriser un bien, un service, une idée parce que son concept est vraiment trop tordu et que les banquiers veulent quand même savoir combien çà coûte et combien çà rapporte (ils ont des prétentions vraiment incroyables, ces banquiers !), alors on parle de « valeur d’usage ». Si quelqu’un vous sort ce lapin, pensez à la vieille histoire du vendeur d’automobile : « Vous allez voir, avec cette voiture, Paris-Orléans, vous le faites en 45 minutes ! » Le problème, c’est que vous ne connaissez personne à Orléans et que vous n’avez pas du tout envie d’y aller.
Concept
encombrant. Mis à mal successivement par la religion, la psychanalyse puis les
médias. Dans le business, la vérité, c'est les chiffres. D'où la terrible
interrogation de Ernest Renan : « Qui sait si la vérité n'est pas triste ? »
En
économie, comme en technologie, une vérité chasse l’autre.
Merveilleux
adjectif qui désigne tout ce qu'on ne comprend pas. Le monde virtuel, c'est
celui des technoïdes et des schizophrènes de la digitalité. On a
longtemps opposé le monde réel, celui des entrepôts, au monde virtuel, celui
des sites internet. Quand les sites ont commencé à perdre de l'argent,
leurs problèmes sont devenus réels et leur avenir virtuel.
Cette
idée de deux mondes, exploitée par des films comme Matrix ou Passé
Virtuel, est alléchante mais, je suis en mesure de vous le révéler
aujourd'hui : elle ne correspond pas du tout à la réalité ! En fait, il y a
trois mondes réels qui parfois se mêlent: celui de l'argent, celui du pouvoir
et celui du sexe. Et cette vérité-là, elle est de tous les temps.
Néanmoins,
comme le mot est joli, on peut essayer de continuer à l'utiliser. Quand vous ne
comprenez rien à ce qu'on vous raconte, dites par exemple : « Ce truc-là,
c'est complètement virtuel ! » et votre interlocuteur sera sans doute mal à
l'aise.
Animal : spongiforme ou
aphteux.
Informatique : toute pièce jointe à
un e-mail.
Commentaire
: La
situation est grave : l'épizootie virtuelle nous guette, les bits sont
pleins de kystes, la RAM rame, le Bios se désosse, l'écran est à
crans.
Il
faut donc apprendre aux nouvelles générations à vivre dans la planète virus et
leur enseigner les dix commandements de survie numérique.
1.
De mot de passe, tous les jours changeras (et si ne t'en souviens pas,
l'ordinateur à la casse, jetteras).
2.
Tes e-mails, tous les matins, javelliseras.
3.
Ton disque dur, tous les soirs, désinfecteras.
4.
Ton site la nuit (c'est beau un site la nuit), protégeras, par des leurres
envoués dans l'espace virtuel pour tromper les roquettes de hackers.
5.
Régulièrement, ton transit digital, crypteras et décrypteras.
6.
De dos face à ta webcam, toujours te filmeras.
7.
Tes fichiers, hebdomadairement, à la main recopieras.
8.
Les pièces jointes, en faisant une prière, ouvriras.
9.
Par e-mail, toujours pour ton patron, passer te feras.
10.
La hot line, sur dix téléphones en même temps, appelleras.
Toujours
réduite quand on parle de l'avenir de son entreprise ou de l'économie.
L'expression
cache en réalité un mélange de candeur et d'impuissance. Le patron qui déclare «
Nous assistons à une forte réduction de
la visibilité à moyen terme sur notre marché» n'ose pas avouer : « On a
trébuché ce trimestre et, en plus, on n'a aucune idée de ce qui va se passer
d'ici à la fin de l'année. »
Commentaire
:
l'avenir est bouché et les gens sont myopes : on n'a pas fini d'être surpris !
Wireless
application protocol ou protocole d'applications sans fil. Vous êtes content ?
En
fait : protocole de communication sans fil et sans issue. Appartient déjà au
cimetière des fausses bonnes idées de la techno, au il sera bientôt rejoint par
l'UMTS. Mais on va quand même vous en parler parce que son histoire est
édifiante.
Commentaire
:
Quiconque s'est amusé avec son téléphone portable dernier cri à surfer sur des portails
wap doux wap comprend vite pourquoi c'est si rock and roll : sur un tout petit
écran qui affiche dix caractères par ligne, on passe son temps à cliquer d'un
mot à l'autre, sans savoir où on va ni comment on revient d'où on est parti.
Finalement,
au bout de vingt minutes d'errance, on obtient par hasard une info qu'on
n'avait pas demandée et qu'on aurait eue en dix secondes au téléphone. Pas
moyen non plus de se déconnecter du portail: pour avoir une chance de s'en
aller, il faut appuyer 20 fois au hasard sur les boutons Sortie et Retour. Et,
pendant ce temps, le compteur tourne. Fabuleux, non !
Ceci
dit, soyons sévères mais justes, j'ai découvert une utilisation intéressante du
wap : on peut jouer au Pendu. Si, si, je vous le jure ! Ainsi, moi, j'avais la
combinaison _ _ N A _S E et je me dis : j'ai gagné, c'est forcément SYNAPSE, à
moi le gros lot ! Pas de pot, c'était PUNAISE ! Et qui me dit qu'il n'a pas
triché, ce portail à la mords-moi-le-jeu?
Un
autre usage passionnant, c'est d'aller sur internet avec un PC pour y
lire les messages de votre portable : fallait y penser, non ? C'est un peu
compliqué, faut s'abonner, rentrer un mot de passe correspondant aux 4 derniers
numéros de votre contrat, prononcer quelques formules magiques mais on y
arrive.
Une
autre fois, je vais sur un nouveau portail, le téléphone mouline pendant des
heures, « envoi en cours » puis « calcul en cours » (mon Dieu,
mais qu'est-ce qu'il peut bien calculer ?) et pour finir, il m'affiche : «
Gloups ! Erreur 404, http machin pas trouvé, bien le bonjour ».
Je me suis dit : OK, on est en terrain connu, le wap, c'est comme internet,
en plus lent et en moins fiable. Un truc aussi compliqué, qui coûte aussi cher
et qui sert à rien à ce point, franchement, fallait l'inventer ! Allez, vive la
technologie ! D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi je vous en parle : le
wap, c’est fini ! Ouf !
Abrégé
de world
wide web. Littéralement : toile d'araignée mondiale. Ainsi nommé parce
que l’organisation de la connexion entre ses différents ordinateurs est aussi
simple que celle d’une toile d’araignée et qu’elle attrape n’importe quel gugusse
dans ses fils.
Le
web, c'est la partie graphique et multimédia d'internet, ce qui explique
son succès dans le piratage MP3 et la consultation des sites
pornographiques. Pendant ce temps, il grandit tous les jours : il stocke
déjà xxxx pages et il s’en enrichit tous les jours de XXX.
Par
définition, un site web a toujours une adresse absolument impossible à retenir
et à taper sur un clavier normal, notamment à cause de la répétition de ces
foutus « anti-slashs » (\) qui ont été mis là uniquement pour faire
faire un peu de gymnastique aux doigts arthritiques.
Heureusement,
de temps en temps, les internautes posent des bonnes questions, comme celle-ci,
recensées par le site infoclic.fr : « Où trouver l’adresse du site
http://www.sncf.com? ».
Commentaire
: Avec
le recul, passés les effets de mode et calmées les tempêtes boursières, il est
temps de se poser la seule question qui compte : le web a-t-il changé le monde
? Hélas, la réponse est non. Hélas, car on aurait bien aimé : c'était sympa de
se dire que tous ces vieux croûtons qui pontifiaient à longueur de rapport
annuel allaient se faire ramasser une
bonne fois pour toutes. Les barbares avaient débarqué et ils allaient
tout renverser sur leur passage : les hiérarchies et les copinages, les
structures figées et les sectarismes. On misait sur internet (sur le web en
fait) comme sur un élixir de jouvence qui allait nous rafraîchir les idées et
les habitudes. Et voilà ! On voulait la lune, elle nous a fait un pet foireux.
Pschitt ! La baudruche s'est dégonflée, l'argent a repris le pouvoir, les
business plan ont arrêté de rire, les technologies se sont remises en ordre de
bataille (les gros devant, les petits derrière). Le web est devenu payant,
marchand, affilié, taggé par la pub pire qu'une Formule 1. Il a fini par nous
emmerder et, nous, on est parti rêver ailleurs. Mais internet n'est pas mort,
il n'est pas seulement un outil, il est une énergie nouvelle, à côté de la
vapeur ou de l'électricité, et avec lui, tout est possible et surtout :
apprendre et comprendre. On a peut-être fini de rêver, on n'a pas fini de
s'étonner. Ah, que c’est beau d’y croire !
Petite
caméra connectée à votre ordinateur branché sur internet et qui vous permet de
tourner des films rigolos pendant les heures de bureau et de les envoyer à vos
collègues. Ils peuvent ainsi vous voir vous curer le nez pendant dix minutes
tout en fixant votre écran d’un air hébété. L’image est toute petite et
saccadée, les tailles de fichier saturent le réseau, mais qu’est-ce qu’on se
marre ! Utilisée également sur le web pour démocratiser la pornographie.
De
to win, gagner. Dans le business, un accord
« Gagnant-gagnant » est soi-disant une bonne affaire.
Méfiez-vous ! Dans une bonne affaire, dit le proverbe américain, il y a
toujours un pigeon : si vous ne savez pas qui c'est, c'est que c'est vous. Si
on vous dit win-win, répondez plutôt par run-run (de to run, courir) qu’on pourrait traduire par :
« Fume, c’est du belge ! »
Fenêtres en anglais. Mais
aussi : système d'exploitation (logiciel de base) de l'ordinateur,
créé par Microsoft et avec lequel on attrape des rhumes à force d'ouvrir et de
fermer les fenêtres. Voir Démarrer.
L'une
des blagues les plus connues sur Windows : « Quelle est la différence entre la
théorie, la pratique et Windows ? - La théorie, c'est quand on sait tout, mais
que rien de fonctionne. -La pratique, c'est quand tout fonctionne, mais qu'on
ne sait pas pourquoi. -Avec Windows rien ne marche et on ne sait pas pourquoi.
»
Néologisme
universel formé à partir de Windows et de Intel. Les techniques de traitement
de l’information convergent lentement mais sûrement vers un monde Wintel, où
toute forme d’appareil électronique fonctionnera avec un processeur Intel
et un logiciel Windows, de votre montre à la machine à café, en
passant par le téléphone et la télévision. Si votre frigo ne marche plus,
alors, il vous faudra ouvrir la porte, la fermer, l’ouvrir, la fermer…Et, à
nouveau, vous attraperez un rhume.
Surnom
de ma cousine Jocelyne, que j’aimais beaucoup.
Egalement : mouvement
incontrôlable des indices boursiers de la net économie, provoqué par
les changements d'avis permanents des grands analystes ; alors que le yoyo
des enfants monte presque autant qu'il descend et que çà les fait rire, les
indices des grands, eux ne font que descendre et çà les fait pleurer. « Le
monde s'étire, s'allonge et se retire comme un accordéon qu'une main sadique
tourmente » disait Blaise Cendrars. Cette phrase qui pourrait avoir une
connotation sexuelle pour les esprits mal tournés s'applique parfaitement à la
bourse.
Plutôt
que de discourir une fois de plus sur le zapping-zappeur-zappé, fléau du monde
moderne, et en guise de conclusion, puisque ce sera, c'est décidé, le dernier
mot de mon dictionnaire, je vous ai écrit une petite chanson, un techno-rap
évidemment, en freeware à condition de dire que c'est le song à Lucien.
Vous pourrez alors le napsteriser et le compléter. La partition de
musique est à votre convenance, sur deux ou trois notes maximum. Le rythme est
régulier, sur trois temps en contre temps, pour emmerder les musiciens. La
phrase de base est en alexandrin, appuyé par un doubleton du plus bel effet. La
chanson s'appelle :
Erreur
404
Dès
l'aub’, j'me dop’ à la radio, nouveau, tout beau. Tout faux.
Dans
l'métro, je sors mon wap, je rame à Bourso. Bobo.
Au
bureau, je chatt’, merveille, mais j'm'emmêle les mails. Mireille.
A
la cafét, pas d'amphét, j'cal’ sur internet. Pas net.
Alors,
râleur, j'repars dar’-dare à mon écran. A cran.
Je
hache H-T-T-P, j'déroul’ mes U-R-L. Colère.
Pause,
Echap, je surfe à donf sur les sit’ de gonz. En bronze.
J'divague
hyperrelax dans le divin DivX. XX.
L'metamoteur
s'emballe, embrouill’ ses fils de news. Ca m'rouille.
Hypno,
gogol devant les hits de mon google. Pas cool.
J'ai
pété mon G-P-S, j'fum' l'U-M-T-S. Détresse.
Je
frapp' sur le clavier, j'essaim' mes S-M-S. OS.
Sur
les dix pt'it’ touch’, on touss’ tous pour nos Bluetooth. Pas touche.
Je
zipp mes fil’, je jazz’ mes meg, j'suis overflow. A l'eau.
(Refrain)
Je
rapp’, je zapp’, je wapp’, tu vois, en v'la d'l'info. En vrac.
Tu
sais Mireille, j'sais plus quoi fair’. Sur Planèt’ Terre.
Erreur
404, l'âm’ que vous pensiez trouver
N'existe
plus ici ou bien s'est déplacée (bis).
A
ma famille et à tous mes amis qui n'ont jamais rien compris de ce que je leur
raconte depuis vingt ans, ce qui m'a permis de relativiser l'importance de mon
travail.
A
Claude Gagnière, auteur de « Pour tout l'or des mots », à l’humour précieux, un
livre délectable pour tous les amoureux des mots et grâce à qui j'ai pu souvent
rebondir d'une idée à l'autre.
A
Jean-Claude Vologne, auteur de « Les allusions littéraires », un
summum d’intelligence et d’érudition.
Au
Petit Robert, que j'essaie d'apprendre par cœur depuis des années, mais j'ai du
mal.
Aux
journaux 01 Informatique et Le Nouvel Hebdo, qui publient joyeusement mes
mauvaises humeurs et chroniques qui ont largement inspirées cet ouvrage.